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Les Mondes d'Antaris NOUVEAU : FLASH INFOS !

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Posté par Kikart le 06-10-2007 à 17:51
Avatar de KikartAh !! La faute !!
'Il a d’abord la joie' ==> il y a d'abord la joie...
Si tu voulais placer le verbe avoir, il y a un pb car la joie ne se possède pas.

Sinon, toujours les mêmes remarques, un humour 'spécial' que j'apprécie, des descriptions super. Le début était un peu trouble, mais ça s'est éclaircit au fur et à mesure de la lecture.

Maintenant que Norvan est sur Antaris, l'histoire va prendre une autre tournure :D

Edit: exact, autant pour moi ^^

J'ai pensé à relever quelques fautes cette fois-ci, j'en ai sûrement oublié pas mal (ça ne veut pas dire que tu es nul ^^) mais c'est un début:

-en avoir vu bien d’avantage : davantage

-il s’aperçurent : ils

-En plus du ce savoir tout neuf : en plus de

C'est tout ce que j'ai pour le moment.

Répondre

Posté par Triss le 15-10-2007 à 13:24
Norvan n'est pas encore à Antaris, il était à Avalon.

___====___====

CHAPITRE 2 : Menace sur Shostrap (1/2)


J-11



'Comme vous le savez tous ici, la base Sentinelle est, un peu comme dans Stargate souterraine, et essentiellement occupée par des militaires. Mais ils doivent par contre collaborer avec l’organisation de grand-tonton, l’ASSTE et enfin la FEA. Je sais aussi que des discussions houleuses ébranlent en ce moment cette alliance un peu spéciale à cause de la proposition de la FEA de mettre l’ONU dans la confidence. Toutefois, certains jugent le programme trop important pour permettre qu’un nouvel intervenant vienne tout chambouler, surtout après les récents évènements survenus sur cette base la veille.

Hormis ces quelques querelles internes, le programme Sentinelle avance au point même que le super ordinateur quantique serait presque capable de prendre des décisions seul. Je dis presque, car la version 2.0 doit être installée demain - samedi 19 août 2017. Je préconise donc un programme d’apprentissage en continu destiné à l’ordinateur, des valeurs humaines et philosophiques, pour éviter les dérapages tels que l’a imaginé Isaac Asimov dans ses romans d’anticipation, afin que la fiction ne devienne pas la réalité.

En effet, dès que la nouvelle version entrera en service, nous prendrons alors d’énormes risques puisque Sentinelle sera capable en cas d’urgence d’utiliser l’électricité du réseau eurasiatique pour s’alimenter. Comme ce réseau présente encore de grandes instabilités au niveau même de sa structure, le risque de la Grande Panne intercontinentale ne doit pas être sous-estimé.

Ce que j’essaie de dire à cette assemblée, c’est que Sentinelle sera dans un moment proche devenu une sorte d’entité à la fois intelligente et consciente. Nous nous devons de développer une sorte d’humanité à Sentinelle pour éviter des réactions graves. Vous avez pour cela besoin d’un brillant cerveau capable de négocier avec Sentinelle. Et je suis un brillant cerveau - excusez du peu.

J’espère que vous saurez prendre en considération mon aimable demande, à sa juste valeur. Merci.'


Compte-rendu du rendez-vous obtenu avec les dirigeants du programme Sentinelle par Olrik Berek pour une simple augmentation de salaire.











CHU de Valence ( département de la Drôme ) France ( FEA ) Terre.



Bip Bep Bep Bip Bip…

-Montez à 800 ! cria la professeur Sanchez au jeune infirmier de service.

Elle remis du gel sur les deux parties du défibrillateur et les frotta l’une contre l’autre. Elle les appliqua ensuite d’un geste expert sur le torse du patient. Elle avait repoussé le médaillon vert qu’il portait sur le flanc car la chaîne dorée pouvait conduire le courant et ainsi électrocuter pas mal de monde.

Bip Bip Bep Bipbipbep…

L’écran de contrôle du rythme cardiaque indiquait une série de pics et d’abîmes successifs des plus désordonnés. Norvan était en danger de mort.

Bipbipbip…

Un infirmier fit sortir Maeva et Aya, terriblement inquiètes.

Le défibrillateur avait fini de se charger. Tout le personnel médical présent dans la salle recula, mis à part la femme-médecin.

Bipbipbipbibibi…

-Dégagez ! ordonna la professeur Sanchez.

Bibibibibibi…

Elle apposa le défibrillateur sur le jeune homme et lança aussitôt la décharge. Le patient sursauta. Le rythme cardiaque redevint enfin normal, ce qui signifiait que le sang recommençait à circuler correctement dans le corps de Norvan, réalimentant son cerveau.

Ouf…



La femme sortit de la salle de réanimation, encore toute essoufflée, et s’approcha des filles.

-Il devrait s’en sortir, affirma-t-elle, rassurante. Mais il revient de loin.

-Est-ce qu’il aura des séquelles, professeur ? demanda Maeva.

-Je n’en ai aucune idée, répondit la doctoresse. Il faudra attendre qu’il sorte du coma pour pouvoir donner un avis.

La voix d’un infirmier resté dans la salle leur parvint alors.

-Professeur ! Vite ! Venez voir !

Elles se précipitèrent vers Norvan, mais les filles restèrent prudemment sur le seuil de la chambre pour ne pas se faire éjecter par le personnel.

-Incroyable, murmura la femme, stupéfaite.

-Que se passe-t-il ? questionna Aya.

-Venez voir vous-mêmes, sinon vous ne me croirez pas.

Maeva et Aya s’approchèrent lentement vers leur ami. Une expression de surprise se peignit alors sur leurs visages.

Et il y avait de quoi.



Quelques minutes plus tard, Norvan se réveilla. Il était en pleine forme et il ouvrit les yeux quasi immédiatement.

Il enleva le masque à oxygène, puis il tourna lentement la tête pour observer son environnement.

Murs de couleur unie, câbles à oxygène, à vide, ou autre, et tout le barda qui allait avec et pauvreté d’un mobilier qui n’avait pas vu passerde designer depuis des siècles ; il était donc dans un hôpital.

Son regard tomba alors sur les filles qui étaient assises à son chevet. Elles ne s’étaient pas aperçues de son réveil.

Il souria ; la présence de ses amies le réconfortait.

Pour une raison mystérieuse, il essaya de leur parler, mais il ne réussit qu’à produire un son rauque qui fit sursauter Maeva et Aya. Il se redressa sur son lit.

Aya fila prévenir quelqu’un de l’hôpital de son réveil, non sans avoir au préalable serré Norvan dans ses bras avec son amie, qui manquèrent d’ailleurs de l’étouffer. Heureusement pour lui, le scanner pratiqué pendant sa période d’inconscience n’avait rien révélé d’inquiétant, même à l’épaule. Aya lui expliqua pendant ce temps ce qui s’était passé pendant son coma.

-Tu as été conduit à l’hôpital de Valence, dit-elle, dès que les secours sont arrivés. Tu as bien failli nous lâcher il y a quelques minutes. Tu as mis près de douze heures pour te réveiller. Donc, si tu as un peu faim, c’est normal.

- “Je n’ai pas faim”, protesta Norvan. “Bien au contraire. J’ai plutôt l’impression d’avoir fait un énorme banquet juste avant mon réveil.”

Aya se figea. Le jeune homme sut immédiatement que quelque chose clochait.

-“Quoi ?” s’inquiéta-t-il. “Quelque chose ne va pas ?”

La jeune femme se leva, alla chercher son sac à main, et en sorti un petit miroir pour maquillage.

-“Vois par toi-même”, répondit-elle mentalement.

Norvan pris le miroir avec appréhension. Il vit immédiatement ce qui avait changé. Du bout des doigts, il caressa le bout de ses oreilles inhabituellement pointues.

-“Alors ?” demanda Aya, qui craignait sa réaction. “Qu’est ce que tu en penses ?”

Norvan prit le parti de l’autodérision.

-“Formidable”, répondit-il d’un ton sarcastique. “ça va faire fureur au prochain carnaval”.

___===

Voilà !!!^^
A vos commentaires !

Répondre

Posté par Kikart le 13-10-2007 à 23:45
Avatar de KikartÇa devient sérieux ;D

J'adore le compte-rendu, des points très détaillés et une argumentation soignée pour une augmentation de salaire. Sur le coup j'ai cru que quelque chose de grave allait se produire... enfin, jusqu'à ce que je lise la dernière ligne ^^

Comme d'habitude, les mouvements, les dialogues et les comportements des personnages sont ultra-réalistes ! On a vraiment l'impression de voir le docteur sortant de la salle d'opération (?) pour signaler les derniers évènements aux personnes proches du patient. Par contre, certes il y a du suspens quant à la survie de Norvan, mais il pourrait être plus accentué. On se doute bien qu'il ne mourra pas, mais tu pourrais introduire plus de suspens.
Le changement physique de Norvan est bien géré au début. On voit que quelque chose a changé mais on ne sait pas quoi, et on se le demande ! Et cette découverte laisse présager une suite du tonnerre ^^

Répondre

Posté par ice-cream le 19-10-2007 à 13:28
Avatar de ice-creamRha, posté trop tard... Tu comprendras, hein ;)

Bon petit chapitre même si je trouve que le suspens n'était pas trop au rendez vous. Le vocabulaire employé, est pour une fois un peu trop familier :
Super ordinateur, faudrait trouver quelque chose plus soutenu...

Sinon, ben j'attends avec impatience comment vas être son  nouveau 'corps'!

J'attends tes 5 autres chapitres avec beaucoup d'attention.

Voilou !!

Répondre

Posté par Triss le 20-10-2007 à 11:39
'Super ordinateur' est volontairement familier. je te rapelle qu'Olrik est un impertinent et un insolent de première catégorie, alors, même dans un discours important, on voit transparaître un peu de sa personnalité.
C'est un détail, mais un détail important quand même pour la suite de l'histoire.

Au fait, j'ai volontairement ralongé la durée de publication de la fic pour finir la partie 3, qui ne sera JAMAIS publiée sur le net, mais, j'espère, sera en livre. Si je fais ça, c'est donc pour vous permettre de ne pas vous faire attendre trop longtemps avant la fin de la partie 2 et la partie 3. Que dirait un éditeur potentiel si je lui disait que tout mes brouillons (oui, des brouillons) sont visibles sur le net ? A votre avis ?

Répondre

Posté par ice-cream le 20-10-2007 à 12:40
Avatar de ice-creamTu lui dis que face aux si beaux commentaires que tes chers internautes te mettent, tu ne peux pas résister et que tu fais comme tu veux!
Bientôt un livre ??

Répondre

Posté par Triss le 10-03-2008 à 09:44
Au mois de septembre 2008, j'espère. De toute façon, c'était ce qui était prévu à l'origine. Je l'ai juste mis sur Internet pour éviter que ça me monte à la tête (c'est raté!^^).


Je remet le lexique pour que vous ne soyez pas trop largués ! J'ai rajouté qielques définitions et j'ai même mis le tout dans l'ordre alphabétique ! Veinards... ^^

Par contre, pour la descritpion détaillée des personnages, il faudra repasser !

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=

ANTARIS : C'est l'univers originel à partir duquel ont été créés tous les autres univers comme celui de la Terre ou encore celui d'Endertyl , mais c'est aussi une République d'Endertyl ainsi que sa capitale. D'ailleurs, le cité abrite aussi un leptys. Son entité matérielle est Antar, son protecteur est le légendaire Arthur Awalon Fyk ( flanqué de l'étrange kritian Myuk, un animal ressemblant un croisement de renard et d'écureuil ).

BOUNIEK (besoin d'aide pour le dire à voix haute ? ^^) : Ghenak ours. Ils sont plus grands que la moyenne des ghenaks et sont souvent de très bons connaisseurs des arts de la guerre.

CARNIGARDES (pas besoin d'aide pour la prononciation, non ?^^) : Enormes plantes carnivores que l’on poste dans les endroits à surveiller et/ou à protéger des rôdeurs, qui croquent tout ce qui passe à leur portée, exceptée la pierre -encore que, avec du temps). En déloger une faisant beaucoup de bruit, la plante poussant de grands cris capables de briser toutes le vitre dans un rayon de 500 mètres, dissuade les voleurs de s’en prendre à elles, faisant d’elles d’excellents gardes.

DREGBA (comme ça s'écrit) : Ghenak souris. Curieusement, ils adorent les livres et le bibliothèques ^^, tout comme les klars instruits.

ERNAE : Royaume au Nord de la République d'Antaris

FEA : Abréviation de Fédération EurAsiatique (dites 'Féa', tout simplement)

Petit rapppel 'historique' :

Anciennement appellée Union Européenne (ça vous dit quelque chose ?^^), la FEA a d'abord été créée pour régler définitivement le problèble géographique causé par la future adhésion de la Turquie (et toc^^), en partenaria privilégié avec l'UE depuis 2009. En plus de l'Union des 27 de 2007, elle a intégrée depuis la Turqie, la Norvège, la Suisse (j'en connais qui vont s'étouffer en lisant ça^^), l'Islande, Saint Marin (petit pays au milieu de l'italie), Andorre, l'Albanie, la Croatie, Singapour, le Japon, la Taïlande, et plus récement la Jordanie, le Qatar, les Emirats Arabes et Bruneï. Notons au passage que ces derniers ont adhéré dès que leurs réserves pétrolières ont été épuisées.

Les pays-candidats pour une adhésion sont la Serbie-Monténégro, la Macédoine, Taïwan, les Maldices, l'Inde, le Sri Lanka, l'Ukraine, le Népal, les Philippines, mais il ya aussi de nombreux Etats d'Océanie, d'Afrique, et d'Amérique du Sud.

La question du changement de la FEA en RFP (République Fédérale Planétaire) est aujourd'hui posée.

Contrairement à l'UE de 2007, la FEA est une union POLITIQUE où il y a un(e) président(e) élu(e) au sufrage universel direct (en clair, ce sont les citoyens qui votent), des ministres, et 2 parlements.

FLEAU : l'Ennemi avec un grand 'E'. En bref, c'est le mal absolu.

FOURKPEL (vous avez besoin d'un dictaphone ? ^^):Ghenak renard. Mais, rassurez-vous, le cas de Rush est exceptionnel (je parle de sa kleptomanie).

GHENAK (dites 'génak' ou 'dgénak', les deux prononciations sont possibles) : ensemble des espèces conscientes humanoïdes vivants sur Endertyl, un monde parallèle à celui de la Terre. On leur prête aussi une certaine ressemblance avec certains mammifères terrestres.

HELUYM (dites 'élouime' sans prononcer le 'e' final): Equivalent endertilian d’une mule. Alors évidemment, c'est très têtu.!^^

ISKET : Animal qui ressemble grosso modo à un cerf aux bois peu développés et doté d’une impressionnante crinière. Sur Endertyl, il sert de monture et sa crinière peut servir pour le tissage.

KIORDJ : Le 'méchant' empire dans l'histoire. Capitale du même nom. Empereur possédé par le Fléau, pour le plus grand malheur de tous, à commencer par lui-même.

KLAR : Ghenak rat. Quand ils sont bien éduqués, ils deviennent de vrais 'kars de bibliothèque' ! Sinon, ils aiment bien se battre, ou cuisiner (je ne fais référence à aucun film en affirmant cela...^^).

KÔKÔT (pas besoin de vous dire comment prononcer ça...^^) : oiseau ni trop gros ni trop petit élévé par les Ghenaks pour sa chère et/ou ses oeufs. Les poulets d'Endertyl, quoi !

LARFEN (comme ça s'écrit aussi): Ghenak loup (Molock, si tu lit ça...^^).

LEÏKOF (dites 'léikof') : Ghenak loutre (pas besoin de vous faire un dessin, j'espère^^). Ils adorent l'eau et les baignades... quand l'eau n'est pas trop sale!

LHENDRI : Genak lynx. Vous en verrez très bientôt (enfin, dans une dizaine de chapitres !^^) dans la fic !

LEWAESH (dites 'lévoech'): Ghenak belette.

OTTAVIANA ( littéralement : 'le lieu des grandes chutes d'eau' ) : a pour capitale la grande ville du même nom abritant un leptys. Son entité matérielle est Phoena.

SHERKYNN (dites 'chèrkine', sans prononcer le 'e') : Ghenak écureuil. Véritables virtuoses de l'accrobatie, ils peuvent escalader de nombreuses surfaces et plus particulièrement les arbres.

SENTINELLE : définition pour l'instant non disponible (je l'ai sans doute mis quelque part, mais j'ai la flemme de chercher maintenant... *baille* ^^).

TERRE (dites 'taire'^^) : Elle ressemble à la notre, mais ce n'est pas la même ! En plus l'histoire se déroule en 2017.

TIRMON (ben, comme ça s'écrit): Ghenak furet.

Répondre

Posté par ice-cream le 25-10-2007 à 16:59
Avatar de ice-creamDifficile de faire mieux dans le genre lexique, on dirait que, comme dans l'histoire, tu prends autant d'importance à la description. En tout cas, j'en connais maintenant un peu plus, et j'imprimerai ce lexique au cas où ^^!
Merci pour ce supplément d'informations!

Répondre

Posté par Triss le 08-11-2007 à 13:23
De rien...
Au fait...

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-==-=-=-=-=-==-=-

CHAPITRE 2  : Menace sur Shostrap, 2/2

Empire de Kiordj, à quelques centaines de mètres de la frontière avec l’Empire d’Ottaviana.



C’était une flaque.

Une immense flaque noire, verticale, s’étendant jusqu’à perte de vue, cachant le soleil, mais miroitante, se déplaçant à la vitesse d’une fourmi hors du territoire. Répugnante.

La pénombre ne se dissiperait que lorque le Soleil se coucherait. Ou si le champ force se déplaçait suffisamment, ce qui signifiait une nouvelle terre en cours de conquête.

A cette pensée, Azorin détourna la tête du champ de force. Il redescendit la colline qu’il avait gravit pour observer la frontière.

Ce jeune ternigrey n’aimait pas la guerre. D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, il avait toujours détesté la violence. Il ne l’avait jamais dit à qui que ce soit. Kiordj était plutôt un Empire où la violence était glorifiée, voir vénérée.

Dire à Kiordj que l’on n’aimait pas la violence, ou pire, qu’on la détestait, équivalait à une auto-condamnation à mort immédiate. Et être le fils de l’Empereur n’aurait aidé en rien, bien au contraire.

De plus, pour s’assurer du « courage » - ou manque de sentiments - de la communauté, le passage à l’âge adulte était marqué par l’Epreuve de la Plume. Le sujet était chatouillé par le bout d’une plume bien soyeuse jusqu’à ce qu’il ne réagisse plus à la plume… ou qu’il meure de rire. Pour Azorin, ça avait été un vrai calvaire de se forcer à ne plus réagir à cette plume qui le titillait sans cesse. Après trente heures de torture fine, il avait fini par en rire intérieurement. Il avait réussit.

Aussi le jeune ternigrey avait depuis toujours dissimulé ses véritables sentiments au plus profond de lui. Il avait toujours obéi aux ordres, même aux ordres de mise à mort, mais cela ne lui procurait aucun plaisir, contrairement à ce qui était indiqué dans le Livre de Zarkhan. C’était un véritable apologue du crime et de la violence qui codifiait tous ces éléments, en allant du grattage de nez au meurtre, en passant par le viol pratiqué par tout ghenak, quel que soit son sexe, permettant ainsi une vengeance rapide et immédiate pour quiconque, sauf envers l’Empereur.

Bien que les préceptes du Livre étaient de moins en moins écoutés au fil des siècles, ils furent remis au goût du jour avec l’accession au trône du nouvel Empereur. On racontait même qu’il était contaminé par l’Ancienne Malédiction, celle qui avait possédé Zarkhan au temps des Grandes Invasions, il y a quinze siècles.

Le jeune ternigrey, méditant tout cela, se dirigea vers la tête de la colonne, qui s’étaient arrêté pour permettre aux troupes de se reposer. Car si les droïdes étaient plus endurants que les ghenaks « véritables », ce n’était pas le cas des autres soldats, plus « faibles » selon Moranok.

Azorin rejoignit son père. Ce dernier n’était d’ailleurs nullement fatigué par cette longue marche de plus de mille kilomètres depuis la capitale, au pas de course, vers le sud. Moranok avait refusé l’aide de toute autre « machine », qui ne serait d’aucune aide sur des terrains accidentés, contrairement aux droïdes.

Il se faufila entre deux gardes et pénétra dans une tante rouge sang et cuivre. La Tente Impériale.



Il trouva son père, Moranok, et une jeune ternigrey albinos, vêtue en tenue de combat, apparemment du même âge qu’Azorin autour d’une table ou était étalée une carte, élaborant la stratégie de guerre.

Ils s’interrompirent quand ils l’entendirent et tournèrent leurs têtes dans sa direction. Le regard de la jeune ghenak le terrifiait. Un regard froid sans la moindre émotion.

Elle souria. Il sentit un léger frisson lui parcourir l’échine.

Une droïde. Celle qu’il avait vu dans les sous-sols malodorants du Palais Impérial.

-Ha ! s’exclama Moranok. Te voilà. Nous t’attendions pour t’informer du plan d’attaque. Tu connais déjà Enya Lanek, la commandante des droïdes.

Azorin hocha la tête en signe de confirmation. Il ne voulait pas révéler sa peur, se trahir, en se mettant bêtement à bégayer.

-Bien, dit l’Empereur. Viens donc par-là, nous allons t’expliquer.

L’estomac noué, le jeune ghenak s’avança vers la table pour écouter les explications de cet état-major de poche. Après tout, il n’était que sous-général des armées, son père se réservant le titre de général en chef des armées.



Le plan était d’une redoutable intelligence, l’objectif étant de minimiser les pertes liées à la bataille. L’armée de Kiordj et de ses alliés n’était malheureusement pas infinie.

Et c’est là qu’intervenaient les droïdes. Il fallait surprendre l’ennemi, l’encercler, l’acculer.

L’anéantir.

Azorin eut de la pitié pour ceux qui se trouvaient de l’autre côté de la frontière.

Ça allait être un vrai massacre.







Côte Ouest du continent, citadelle de Shostrap.



De l’autre côté de la frontière se trouvait l’Empire d’Ottaviana. La façade maritime Ouest de l’Empire n’étant pas très développée du fait du manque de commerce et du manque de coopération économique, comme diplomatique, des pays voisins. Et il n’y avait plus la moindre activité commerciale depuis la formation du champ de force.

Le ciel était parcouru de centaines d’oiseaux de mer qui profitaient du soleil de midi pour s’élever dans les airs. L’horizon de l’Océan Occidental était barré d’une immense ligne noire.

Soudain, la ligne noire eut un sursaut, le vent tourna. Ce vent venait de la mer. C’était un vent mauvais, qui annonçait en général de grandes tempêtes. Mais il n’y avait aucun nuage à l’horizon.

Le groupe de volatiles s’égaya. Tous fuyaient l’océan.

Ils passèrent bien vite la plage, la Grande Dune sculptée par les vents de l’océan les arbustes rachitiques qui vivotaient sur une étendue de sable, la pente assez forte provoquée par la première colline, la Citadelle de Shostrap plantée en son sommet, pour finalement s’enfoncer dans les terres.



Depuis la citadelle, une ghenak en tenu de guerrière, accoudée au sommet des remparts avait observé toute la scène avec attention. Elle se demandait toujours ce que signifiait cet étrange comportement des animaux, quand elle entendit des pas venant à sa rencontre. Elle leva le regard et sourit en découvrant qui c’était.

Une femme très belle aux longs cheveux dorés, retenus par un pince de couleur cuivre, et vêtue d’une toge blanche tâchée ça et là par du guano, s’avança vers la leïkof.

-Phœna ! s’exclama la leïkof, ravie. Ça fait vraiment plaisir de vous voir.

-C’est ce que je vois, Unvela Nihl Terek, répondit Phœna. Désolé pour le retard, mais j’ai eu quelques petits… ennuis en chemin.

Elle désigna les tâches qui maculaient sa toge, claqua ostensiblement des doigts, et fit disparaître la substance incriminée.

-Les oiseaux marins s’enfoncent dans les terres, reprit-elle. Ce n’est pas du tout normal en cette saison, d’autant plus que rien d’autre ne pourrait expliquer cela, mis à part le champ de force de l’Empire de Kiordj. J’ai dû faire la dernière partie du trajet à pied pour ne pas me faire repérer par ce champ de force.

-C’est très inquiétant, remarqua Unvela. Ainsi, même les animaux ressentent la menace qui pèse sur l’Empire.

-La Grande Prophétie… souffla Phœna.

-Vous pensez que… commença la princesse héritière du trône d’Ottaviana.

-Oui, répondit la femme-leptys. Elle commence à se réaliser. Antar lui-même m’a dit qu’il venait de réactiver le Seuil. Le premier passage est maintenant terminé. Quand le second aura lieu, alors une nouvelle ère aura alors vraiment commencée pour toutes les Créations.

Le visage de la leïkof se ferma.

-Ainsi, dit-elle, mon destin et celui de mes soldats sont scellés.

Phœna hocha gravement la tête.

-En grande partie, oui. Mais il faut quand même ralentir l’armée adverse. A tout prix. Mais votre sœur n’a pas vraiment l’air  prête à recevoir une telle nouvelle…

-Elle n’aime pas gouverner, dit Unvela. Ça ne va pas lui plaire du tout de reprendre le flambeau après papa. Et avec son sale caractère, on n’est pas prêt de la voir se marier, et encore moins d’avoir une descendance directe.

-Nous n’avons pas le choix, dit Phœna. Il faut empêcher le Fléau d’atteindre Terenik. Sinon, ce ne sera plus seulement l’univers d’Endertyl qui sera menacé, mais plusieurs autres univers entiers, dont celui des ancêtres de votre famille : la Terre.

-Puis-je vous demander une faveur ?

-Laquelle ?

La leïkof retira un petit bracelet de soie son poignet droit, orné de motifs bleus et or formant des motifs de vagues, et le tendit à son interlocutrice. Elle avait les yeux brillants.

-Pouvez-vous le donner à Lanella de ma part, s’il vous plaît ? Dite-lui que j’aimerais qu’elle l’offre à l’âme sœur qu’elle pourrait trouver. Ça pourrait au moins la motiver de connaître un jour l’amour.

-Je me ferais un honneur de lui porter cet objet, mademoiselle Nihl Terek, dit Phœna en s’inclinant légèrement. Mais je vais rester en votre compagnie jusqu’à ce que cela devienne trop dangereux pour moi, et donc pour la sécurité de ce monde.

-Mais… fit Unvela. Et l’armée ? Il faut bien quelqu’un pour la diriger. Et je ne sais pas du tout quand Kiordj va attaquer…

-Ça ira, dit Phœna, d’un ton dégagé. L’armée ottavianienne doit se réunir à la frontière de la principauté de Terenik pour la protéger, et les armées de la coalition mettront encore au moins un mois avant d’y arriver. N’oublions pas que la plupart refuseront de partir avant la fin des célébrations occasionnée par la conjonction lunaire.

La conjonction lunaire était causée par l’alignement entre la planète Endertyl, son soleil, Jehde et Jehda, les deux lunes de ce monde. Outre les fortes marées que cela provoquait, les anciennes histoires racontaient que de grandes choses survenaient lors de ces nuits où l’on pouvait voir cet événement cosmologique extrêmement rare. Et cette année, l’événement était d’autant plus exceptionnel que la conjonction s’accompagnerait d’une magnifique éclipse des deux lunes visible sur la côte Est, à Antaris. Les armées Alliées ne seraient peut-être pas tout à fait sobres au départ, mais comme l’alcool est interdit pendant les grandes campagnes militaires, ils seraient sûrement en pleine forme lors de leur arrivée à Terenik. L’alignement aurait lieu dans très exactement onze jours d’Endertyl.



-Très bien, dit Unvela d’un ton faussement enjoué. Il ne nous reste plus qu’à attendre que l’ennemi vienne de la mer et que l’on se fasse trucider, mais après lui avoir infligé quelques pertes. Je vais donc devoir faire un grand discours pour galvaniser les troupes. C’est cela ?

-C’est cela, répondit Phœna, imperturbable. Les mondes changent, Unvela.

La princesse héritière claqua ses mains, apparemment satisfaite et résignée, puis elle fit mine de réfléchir.

-D’accord. Vous n’auriez pas par hasard un plateau de trekeny sur vous après ça ? Juste pour passer le temps ?

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-==-=-=-=-=-=-

Voila !

Je l'ajouterais sur GC AS quand j'auria plus de temps.

@+ !

Répondre

Posté par Kikart le 07-11-2007 à 12:05
Avatar de KikartTrès bon chapitre, on voit tout de suite à quoi est destinée la seconde partie.

L'empereur de Kiordj n'a pas l'air d'être super sympa, on voit que tu sais donner un super caractère à tes héros :D
Je n'ai pas trop compris le coup de la torture... mourir de rire par une plume, ça me paraît un peu extravagant. Après, c'est sûrement possible mais ça semble surréaliste (ça doit pas être si désagréable que ça, même pendant 30 heures ^^).

Lanella sera amenée à mener les troupes, ça promet =)
J'aurai tout imaginé sauf ça, on va voir comment ça se passe.
La prophétie va se réaliser... mystère !

Qu'est ce que tu nous réserves encore toi ? ^^

Sinon, j'ai relevé deux endroits où ça cloche:
'La pénombre ne se dissiperait que quand' => 'que lorsque' sonnerait mieux, ça allège le style.
'En plus, pour s’assurer du' => je mettrais 'de plus', question de goût ^^

Mais bravo pour ce chap ^^

Répondre

Posté par Triss le 08-11-2007 à 13:48
Bon d'abord, merci pour les félicitations (^^), ça fait toujours plaisir et on voit que j'ai pas écrit pour rien.

Pour le coup de la torture, c'était une idée folle qui passait par là, et donc que j'ai aussitôt écrite !^^ Mais rassure-toi, le rire ne tue pas (mais l'épuisement qui en résulte, si !).

Lanella aura bien du mal au début... Surtout que comme annoncé dans le chapitre sa soeur va effectivement avoir une fin tragique... Il y aura donc quelqu'un pour la soutenir dans la partie 3 (devinez qui ?).

Vous aurez peut-être un extrait de la Grande Prophétie avant le fin de la partie 2.

Et je vous réserve encore pas mal de surprises !


Et puis j'ai fini les corrections, chef !^^

Début du chapitre 3 dans 2 ou 3 semaines. Chez moi, j'écris en ce moment le chapitre 2.10. Je vous dit pas le boulot !

Répondre

Posté par un ex membre le 11-11-2007 à 13:38
BRAVO !!!

Je te félicite !!!

J'ai hate de lire ton 3e chapitre !!!

Répondre

Posté par Triss le 19-11-2007 à 09:32
@dogdog
Tu as déjà TOUT lu ou tu n'as commencé qu'à partir de la deuxième partie ?

@ Tout le monde
Je viens de le remarquer : plus de 5000 connexions ! Incroyable ! Et Merci à vous tous ! Merciiii !!!!

Et pour vous remercier...

_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_

CHAPITRE 2.03:Le Parchemin Magique


'Comment définir un leptys ?

De nombreux savants d’Endertyl s’étaient cassés pas mal de dents avants nous. Mais grâce à eux et aux récents travaux d’Olrik, nous sommes sûrs de trois choses.

Premièrement, c’est une entité consciente et extrêmement intelligente chargée de veiller sur une cité en particulier et ses alentours. Quand elle se rend visible, elle a en général la forme d’une sphère très lumineuse entourée par un anneau tout aussi lumineux mais d’une couleur spécifique à ce leptys. Il se trouve toujours au sommet d’un gratte-ciel très élevé en forme de montagne effilée, tronqué à son sommet, appelé « Tour ». Ce n’est pas vraiment un être vivant. Mais ce n’est plus tout à fait une machine.'

Notes personnelles d’Alex Portman (extrait).




J-11





« Au repos du Guerrier », Banlieue d’Antaris.



L’après-midi était déjà bien avancé quand Lanella se réveilla enfin dans un lit bien douillet.

En promenant son regard autour d’elle, elle constata qu’elle se trouvait dans la même chambre que son parrain. Latrel reposait sur le lit d’à côté. Sa poitrine se soulevait à un rythme régulier.

La jeune leïkof se tira vite fait du lit où on l’avait couchée tout habillée - et heureusement ! - , et posa doucement une main sur la joue du vieux guerrier. Elle était brûlante.



Soudain, la porte s’ouvrit dans le dos de la jeune princesse guerrière, qui sursauta.

Ce n’était que Lissly.

-Oh ! s’exclama-t-elle, surprise. Excuse-moi de t’avoir fait peur. Tu t’es réveillée depuis longtemps ?

-Quelques minutes, à peine, répondit Lanella.

La ghenak hérisson consulta une petite montre mécanique fabriquée dans le coin qu’elle gardait dans une poche de sa robe, accrochée par une chaîne. Elle leva un sourcil.

-C’est étrange… dit-elle.

-Qu’y a-t-il ?

-Tu es restée inconsciente pendant exactement vingt-quatre heures. C’est à croire que l’on t’a volontairement plongé dans l’inconscience.

-Vous ne croyez pas si bien dire…

-Que veux-tu dire par là ? demanda l’herdson, un peu étonnée. Et puis, ajouta-t-elle, arrête de me vouvoyer, s’il te plaît, j’ai l’impression de vieillir de cinquante ans à chaque fois qu’on me parle ainsi.

La leïkof balaya la question d’un revers de la main et mis aussitôt en pratique le tutoiement.

-Rien du tout. Laisse tomber. Tu ne dois rien savoir d’autre. De toute façon, ma vie n’était pas en danger. Est-ce que je me trompe ?

Lissly ravala sa curiosité.

-Non, non, dit-elle. Tu avais plutôt l’air de dormir, mais on n’arrivait pas à te réveiller. Le jeune Iron voulait te donner des claques, mais il a renoncé après que je lui ai menacé de la priver de dessert pendant un an, y compris lors du banquet organisé pour la Conjonction.

Puis elle ajouta en retournant vers la porte :

Je t’ai apporté tes affaires au pied de ton lit. Je te laisse ensuite te laver et  te changer, nous t’attendrons dans le petit salon quelques mètres plus loin et je veillerais à ce que tu ne sois pas dérangée par des visites inopportunes. Fait vite.

Elle désigna la « salle de bains » située d’un autre côté de la suite, puis pris congé. La leïkof ferma la porte de la suite à double tour avant de s’enfermer avec ses affaires dans la salle d’eau. On ne savait jamais.

Elle se déshabilla - sans toutefois retirer son médaillon - pendant qu’elle faisait couler son bain moussant ( ça faisait des semaines qu’elle n’avait pas pris de bain, surtout avec de l’eau chaude ), avant d’y plonger. En effet, la baignoire avait les dimensions d’un petit bassin de toboggan aquatique, les personnes tombant sur la tête des autres baigneurs en moins, et elle était seule. Son espèce étant naturellement adaptée pour la nage, elle s’en donna alors à cœur joie puisqu’elle n’avait pas eu à nager ainsi depuis son départ d’Ottaviana. Elle joua ainsi un petit moment avec l’élément liquide, le savon et les bulles, avant de se rappeler que son parrain comateux était dans la pièce juste à côté et n’eut plus envie de s’amuser dans l’eau avant qu’il soit rétabli.

Elle finit de se laver, se sécha et se rhabilla en vitesse avec ses affaires propres et plus adaptées aux déplacements en ville, même s’il n’était pas question de porter de larges robes, peu pratiques pour les combats de rues. Après tout, on ne lui avait pas voulu que du bien par ici. Elle manqua ensuite d’arracher la poignée et la porte de la pièce avant de se rappeler qu’elle l’avait fermée à clé.

« Non mais qu’elle cruche je fais ! » pensa-t-elle. « Heureusement que personne n’était là pour voir ça ! »

Elle déverrouilla la porte ainsi que celle de la suite avant de rejoindre ses amis qui poireautaient depuis de longues heures dans le couloir.



Quand Lanella passa devant le premier petit salon de détente, elle tomba sur ces amis qui étaient restés à proximité d’elle, à défaut de pouvoir veiller à son chevet, Lissly mettant toujours un point d’honneur à ne pas se faire déranger par une autre présence dans la pièce d’un malade. D’ailleurs, Rush se massait une joue des plus douloureuses, ayant sans doute reçu une sévère correction pendant que Lanella se lavait, chef de la rébellion ou pas. Etryl était là aussi, et ne semblait s’émouvoir plus que nécessaire du sort de son congénère. Tous s’étaient changés depuis la dernière fois et Kayn en avait profité pour troquer ses habits verts pour des vêtements plus discrets.

-Suivez-moi, c’est à propos de Latrel.

En chemin Lissly leur expliqua la situation.

-Bon, dit-elle de sa voix bien grave à Lanella. J’ai soigné ton parrain jusqu'à ton réveil, mais il faut se rendre à l’évidence ; je ne suis pas assez compétente dans le domaine des soins de la tête. Sa blessure s’est infectée et il a déjà perdu beaucoup de forces. Il faut faire appel au Professeur Moriafon ou il mourra.

-Moriafon ? interrogea Kayn, septique. C’est peut-être un excellent médecin, mais cette tête de lard est aussi aimable qu’un cactus, et en plus il passe un peu trop souvent à la taverne pour rester sobre le reste de la journée.

-Justement, répondit Lissly en arborant un léger sourire. Laissez-moi faire.

Ils retournèrent ainsi dans la taverne.

L’herdson scruta les tables, mais le médecin alcoolique n’y était visiblement pas.

Lissly interpella Sko, qui servait une infusion de verveine à des marchands tchings en route pour le Sud

-Tu ne saurais pas par hasard où se trouve le professeur Moriafon ?

-Ce tonneau de vin ? grimaça Sko. Il est reparti ronfler dans son cabinet en ville dès qu’il eut fini sa vingtième cruche de bière de lait de kôkôt ! Il reviendra sans doute demain, le temps de cuver le tout.

-Merci Sko. Tu peux retourner travailler. Je termine deux ou trois petites choses, et puis je reprendrai un peu du service. On dirait que rien ne va plus ici quand je ne suis plus là pour faire tourner la taverne-auberge.

Elle fit signe à Kayn, à Lanella, Iron, Rush et Etryl de la suivre. Elle les mena jusque dans un petit bureau où se trouvait un herdson avec des lunettes en train de gratter un parchemin avec un stylo plume dernier cri doté d’un réservoir d’encre, un ustensile très cher fabriqué par l’empire d’Ottaviana depuis très peu d’années seulement.

-Iron, Lanella, déclara Lissly, je vous présente mon mari Tueto. C’est lui qui s’occupe des finances de l’auberge.

Celui-ci leva les yeux par-dessus ses lunettes en entendant prononcer son nom, et souria devant tout ce monde.

-Bien le bonjour à vous, dit-il en levant la tête de ses parchemins et papiers. Que puis-je pour vous ? Vous avez réservé ?

-Ce sont les amis dont je t’ai parlé hier soir, tonton. Tu ne te souviens pas ?

L’herdson se gratta pensivement la tête.

-Maintenant que tu me le dis… Ce sont eux qui logent 'gratuitement' dans une des suites qui s’était libérée hier, c’est cela ?

On sentait à la façon qu’il avait prononcé « gratuitement » qu’il préférait de loin avoir de vrais clients dans l’auberge.

Pour couper court à toute discussion houleuse entre Kayn et son mari, Lissly intervint :

-Nous sommes venus te voir pour te demander le 'parchemin magique', dit-elle avec un clin d’œil appuyé.

Mais Tueto ne comprit pas tout de suite et les autres ghenaks présents dans la salle se demandait bien ce que voulait dire cette mystérieuse expression.

-Le parchemin magique… murmura-t-il. Ha ! Oui ! Tu veux parler de celui-ci ?

Il tira un épais rouleau de parchemin d'une pile instable de documents divers. Par miracle, celle-ci ne s'écroula pas et l'herdson évita une noyade dans ses parchemins. Lissly jeta un coup d’œil sur les premières lignes avant de sourire. Elle le tendit à Kayn.

-Tiens, dit-elle. Prends ça et allez donc voir le professeur avec. C’est un parchemin magique qui rend coopératifs les ghenaks les plus mal embouchés. Et encore merci, Tueto.

-Ce fut un plaisir, répondit l’herdson.

Apparemment, Kayn devait aussi être au courant, car il hocha lui aussi la tête, railleur.

-Merci, tantine. Ça nous sera d’un aide précieuse. A plus tard.

Puis il tourna la tête vers le reste de la petite troupe.

-Allez, vous autres, ajouta-t-il. Nous devons aller voir Ryfla pour se préparer à aller ce soir en ville.

Une fois tout ce monde sorti de la petite pièce, Tueto soupira de soulagement. Il allait enfin pouvoir finir son travail. Alors qu’il tendait machinalement sa main pour reprendre son stylo plume, il s’aperçut que ce dernier avait disparu. Il le chercha un peu partout dans son bureau, puis il se souvint de quelques personnes qui s’étaient approchées d’un peu trop près de son bureau.

-Sales jeunes voleurs ! s’exclama-t-il, furieux.

Et il se précipita dans les couloirs du bâtiment pour mettre la main sur son voleur, et surtout sur son merveilleux stylo plume.



Pendant ce temps, Kayn se dirigeait à grands pas vers les écuries, ses amis à sa suite.

-Kayn, souffla Etryl qui avait de la peine à se maintenir à son niveau. Qu’est ce qu’il y a au juste sur ce parchemin pour que cela réussisse à te faire rigoler aussi bêtement ?

-Regarde par toi-même, lui répondit le sherkynn, espiègle.

Elle déroula le parchemin tout en marchant, un exercice très difficile, puis elle éclata d’un fou rire incontrôlable, et manqua de heurter un client venant en sens inverse.

Elle le passa ensuite aux autres quand ils s’arrêtèrent dans la cour en attendant que Kayn alla chercher la larfen.

-Qu’est-ce que c’est que ça ? interrogea Iron, qui était trop petit pour arriver au niveau du parchemin.

Il n’était pas facile aux autres ghenaks de lui répondre car ils s’étaient tous écroulés de rire en lisant le parchemin. Ce fut Rush qui réussit à se calmer le premier.

-ça ? répéta-t-il en faisant distraitement tournoyer entre ses doigts un petit objet cylindrique. C’est la facture des consommations non-payées par le Doc ce mois-ci !

Le jeune larfen réussit enfin à se saisir du parchemin. Il siffla en découvrant le montant total dû par le Doc : 11268 tradics - la monnaie d’Endertyl.

-Ah ouais, dit-il, soufflé par une telle somme. Quand même.

-Je savais qu’il avait consommé sans vergogne ces temps-ci, dit Etryl. Mais je ne savais pas que c’était à ce point là.

Il entendirent alors quelqu’un courant vers eux.

Quand Rush vit qui c’était, il essaya de glisser discrètement l’objet qu’il tenait dans une poche du jeune larfen, mais la chose tomba sur les pavés dans un petit bruit qui ne passa pas inaperçu.

Tueto fit irruption parmi le petit groupe, furieux. Quand son regard tomba sur son merveilleux stylo tombé à terre, il se précipita pour le ramasser.

-Qui m’a volé mon beau stylo ? rugit-il, les yeux injectés de sang.

Iron désigna aussitôt Rush, lequel désigna le jeune larfen. Le fourkpel aurait alors pu espérer s’en sortir vivant s’ils n’étaient que tous les trois, mais c’était sans compter sur Lanella et Etryl, qui le dénoncèrent aussi sans hésiter.

-Raaahhh ! hurla l’herdson, furieux que l’on ait éraflé son superbe - et très, très cher – stylo plume dernier cri.

Rush détala à toute vitesse vers les écuries tandis qu’Etryl et Lanella ceinturèrent l’herdson complètement furax pour éviter un meurtre, grimaçant quand les épines de Tueto, un peu plus dures que la moyenne de ceux de son espèce, leur piqua les mains, les bras et le cou.

-Laissez-moi ! s’égosilla-t-il tout en se débattant. Laissez moi réduire cet irresponsable en descente de lit ! En chair à pâté !

-Allons, du calme, Tueto, dit calmement Etryl. Tu connais Rush. Tu sais bien comment il est.

-Mais est-ce que vous avez idée du prix inestimable de ce stylo ? s’époumona-t-il.

-Ben… Environ quinze tradics, répondit platement Lanella. Il y en a quasiment partout, à Ottaviana.

Tueto était visiblement surpris.

-Quinze ? Il me l’a vendu  pour 'cent cinquante tradics' !

-Il faut bien financer la rébellion… tenta Etryl, qui trouvait intérieurement que Rush exagérait franchement.

-Il va me le payer ! cria-t-il.

Il se débattit de plus belle, et finit par échapper aux deux ghenaks. Il fonça aux écuries, les deux ghenaks sur ses talons pour l’empêcher de trucider le fourkpel.

Mais Tueto pila net devant l’épée acérée que pointait Kayn en direction de son ventre. Rush était peureusement dissimulé derrière le sherkynn noir.

-Garde ton stylo et retourne à ton bureau, tonton, ordonna fermement le jeune Durnakan.

Alors que l’herdson cherchait à esquiver l’épée pour étrangler Rush, Etryl arriva enfin aux écuries suivie de Lanella, et l’assomma d’un coup sec.

-Voilà, dit-elle en reprenant son souffle. On sera tranquille pour un petit moment. Il allait finir par s’empaler.

Kayn s’agenouilla et pris le pouls de Tueto. Il était régulier. Il soupira de soulagement. Puis son regard tomba sur le stylo plume. Il s’était fendu pendant sa chute, et son encre se répandait entre les pavés. L’odeur lui paraissait vaguement familière.

Alors qu’il se penchait pour toucher l’étrange substance, il fut brutalement tiré en arrière par Iron.

-Non ! Ne t’en approche surtout pas ! s’écria-t-il. C’est de l’essence de toxonce mélangée à de l’encre ! ça peux provoquer une folie meurtrière si ça réussit par pénétrer en toi par la peau !

Le jeune sherkynn décida prudemment de reculer. Il se souvenait maintenant qu’il avait déjà perçu cette odeur lors de leur combat contre les brigands dans la forêt.

-Tueto a dû se tâcher avec en faisant les comptes. Peut-être que celui qui a organisé l’embuscade est aussi derrière cela. Il devait savoir que Rush allait le vendre à quelqu’un de l’organisation, et il a empoisonné l’encre pour faire un maximum de dégâts.

-Poussez-vous ! fit Ryfla, qui tenait un grand seau d’eau. Je vais nettoyer tout cela. Ne vous en faites pas pour moi, j’ai l’habitude de manipuler des produits dangereux.

Kayn jeta un regard interrogateur sur Iron.

-Y a-t-il des risques à manipuler le papier ou le parchemin où mon oncle a écrit avec cette encre ?

-D’après ce que m’a appris ma grand-mère, non, fit Iron. La poudre de toxonce ne peut être diluée qu’une seule fois, affirma-t-il. Elle perd ses propriétés une fois sèche, et est inoffensive si on l’a redilue.

-Merci, dit sincèrement le sherkynn noir. Ça fera toujours une chose en moins dont on devra s’occuper. Ryfla, s’il te plaît, peux-tu prévenir Lissly de tout cela ? Et dis-lui aussi que nous le transportons dans la même chambre que le parrain de Lanella, ça lui évitera de paniquer. Nous irons voir le Doc cette nuit, chez lui.

-Pourquoi cette nuit ? interrogea Lanella, intriguée.

-Parce que, répondit Kayn. Raisons de sécurité. On se retrouve ici au coucher du soleil. Compris ?

C’était un ordre. Tout le monde approuva.

Alors que Rush allait déguerpir en ville, Kayn l’attrapa par la peau du cou et le traîna jusqu’au petit groupe qui ne s’était pas encore dispersé. Le jeune fourkpel poussa un soupir fataliste. Il n’était pas sorti de l’auberge…

-Pas si vite, Rush. Je crois que tu nous dois quelques explications au sujet de tes méthodes de ventes…

-Ha, au fait… fit Etryl qui s’était approché au niveau du fourkpel.

Clac !

Elle lui avait giflée la joue droite.

-Ça, dit-elle d’un calme trompeur, c’est pour avoir arnaqué un membre de l’organisation.

Rush avait plus l’air d’avoir reçu un gros coup de poings plutôt qu’une simple gifle. Puis ce fut au tour de Lanella de gifler Rush. Sur la joue gauche.

-Et ça, dit la jeune leïkof, c’est pour avoir repris à ton « client » ce que tu lui avais « vendu ». A cause de toi, on a bien failli se faire transpercer par les piquants de Tueto.

-Non mais qu’est-ce qui a bien pu te prendre, Rush ? demanda Kayn sur un ton de reproche. Toi, un des chefs de la rébellion d’Antaris.Je ne comprends pas.

-Je… Je voulais…

Le fourkpel cherchait fébrilement quelque chose apparemment fourré parmi une de ses nombreuses poches, mais en vain, semblait-il.

Quand il regarda de nouveau ses amis, il était au bord des larmes.

-Je… Vous ne pouvez pas comprendre, murmura-t-il d’une voix tremblante.

Il se retourna soudain et s’enfuit précipitamment de l’auberge. Kayn retint Iron qui voulait le rattraper, quelque chose de serré dans sa main gauche.

-Laisse-le, dit le jeune sherkynn noir.

-Mais… voulut protester le jeune ghenak loup.

-Je le connais, coupa Kayn. Il a besoin d’être seul un moment.

-Mais…

-Ne t’inquiète pas, Iron. Il reviendra plus tard.

Le jeune larfen sentait bien qu’il y avait quelque chose de plus qu’une simple histoire d’escroquerie, mais il se retint de protester puisqu’on ne prenait pas en compte ce qu’il avait à dire.

-Bien, dit Kayn pour casser le silence pesant qui s’était installé. Allons voir comment nous allons faire ce soir pour nous introduire en ville.

Sur le chemin, Iron ouvrit lentement la main pour examiner ce qui était aussi tombé des poches de Rush, puis il regarda discrètement la jeune fourkpel avant de ranger le tout dans ses poches.

_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=_=
Voilà !^^ Tous à vos coms !

ATTENTION, comme c'est un chapitre que je n'ai pas pu fractionner, je mettaris le 4 dans 2 fois plus longtemps... Mais ce n'est pas une raison pour ne pas mettre vos commentaires (détaillés SVP pour savoir si je dois changer des trucs)...!

Répondre

Posté par un ex membre le 17-11-2007 à 11:47
Super ce nouveau chapitre !!!
C'est trop chouette !!!
Serez tu pas un écrivain ?

Pendant ce temps, j'ai crée une fan fic. C'est : La légende de Link et de Zelda TOME 1.

N'hésitez pas à venir lire ...

Répondre

Posté par Kikart le 18-11-2007 à 09:57  
Avatar de KikartQue dire sinon que c'est merveilleux ? °o°

A part des critiques (plus ou moins négatives), je ne sais pas quoi te faire comme compliment, car c'est vraiment génial. Ca se lit très facilement, c'est très limpide, on comprend absolument tout et on visionne parfaitement la scène.
J'aime bien le coup du médecin toujours bourré, ça m'a fait penser à une histoire un peu similaire que l'on m'a raconté ^^

Sinon, je trouve que la scène du parchemin passe trop vite. Je sais que, si j'étais toi, j'aurai du mal à l'étoffer, mais je la trouve trop rapide. On dirait qu'il y a plusieurs parchos et que celui-ci n'est pas unique. Je me trompe peut-être, mais s'il n'existe qu'un parcho, alors la scène n'est pas tout à fait bien mise en valeur.

Le docteur qui a les yeux injectés de sang à cause d'un vol de stylo: magnifique :D

Cela dit, j'ai trouvé trois fautes (?). Spa grand chose mais ça fait tache dans un si bô texte :o


'J’ai soigné ton parrain jusqu’au réveil de Lanella'
==> il s'adresse à Lanella, je ne vois pas pourquoi il lui parle comme si elle était absente. 'Jusqu'à ton réveil' collerait mieux.

'puis je reprendrais un peu du service'
==> futur ou conditionnel ? je vois plus le futur, mais bon...

's’empaler sur l’épée.'
==> Kayn lui présente son épée, si le gars s'empale, c'est forcément sur l'épée ^^ donc pas besoin de préciser. 'Il allait finir par s'empaler' suffit.


Déçu de devoir attendre 2 fois plus de temps, mais au mieux on désirera plus la suite =)

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