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Les Mondes d'Antaris NOUVEAU : FLASH INFOS !

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Posté par Triss le 17-01-2008 à 16:29
Alors...
@ice-cream
Alors comme ça, mon chapitre est TROP court ? *grognement menaçant*^^
'Faudrait savoir, à la fin !^^ Mais bon, il ne faut pas croire non plus que mes chapitre sont calibrés à la ligne près.

Je les fais dans la longueur qui me conviens, c'est tout.
Et puis, au niveau longueur, on ne s'en aperçoit pas vraiment dans un roman, alors ce n'est pas ce qui m'embête le plus. Surtout que je vais devoir publier AU MOINS un chapitre par semaine si je veux vous metttre le dernier de la partie 3 au mois de juin !

Et oui... C'est que ça commence à faire long chez moi, surtout que j'ai déjà écrit une vingtaine de pages depuis le début des vacances et que je ne vais pas m'en arrêter là.

Sinon, j'ai un peu racourci là où tu m'as dit que ça surchargeait.

Pour le mot MAAR (merci de ne pas te tromper en l'écrivant ice-cream^^), je mettrais une note en bas de page de mon roman. Et puis, je ne pense pas que tu sois allergique aux dictionnaires. chercher une définition te musclera un peu les bras (à cause du poids du dico^^).

Je n'ai rien à commenter sur ton avis à propos du compte à rebour. Pour l'humour, rien non plus, à part que suis content qu'on l'ai remarqué.^^

Quant au cadeau... voir le message @ Un peu tout le Monde.

@ -cassandra- (le retour !^^)

Merci de t'être un peu libérée pour répondre. Ca fait toujours autant plaisir d'avoir l'avis d'une fan de dragon !^^ (à ce propos, je commence à en parler dans la partie 3...^^ Mais je dis ça juste pour te faire baver, évidemment ^^)

Chapitre 2.02:

Sentinelle en Terminator , je sais pas, j'ai jamais vu la trilogie (honte sur moi!^^). Mais je te signal qu'Olrik et Alex portman ont pris les dispositions nécessaires pouir que cela n'arrive pas. Je te conseille plutôt de chercher du côté des droïdes de l'Empereur Moranok, pour ça... Sauf que le jeune prodige dirigeait l'unité de programmation de la personnalité de l'Intelligence artificielle de Sentinelle, qui a donc hérité de son caractère... insupportable (bref, ça promet XD).

La lettre n'en est pas une (car c'est un compte-rendu^^). Quant à la longueur, j'ai déjà répondu à cela en dans ce message en commentant une remarque d'ice-cream, que tu as sans doute remarquée.

A propos de la 'chute' du compte-rendu, j'ai ajouté ça pour rompre un peu la tension que provoquait la lettre. Je veux pas que mes lecteurs meurent de trouille, moi...^^

Norvan => Il n'était pas mort, mais... ailleurs. Et puis, sincèrement, comme je vois le personnage dans ma tête, les oreilles en pointes ne lui vont pas mal du tout... Dommage qu'il soit toujours muet... Rien à dire de plus.

(2/2):

La guerre ? Mais -cassandra-, je le dis depuis la partie 1, qu'il va y avoir la guerre !^^

Je suis entièrement d'accord avec toi au sujet des traditions locales.

Je donnerais d'autres extraits de la Grande Prophétie petit à petit. Mais ce qui est extrêmement ch****, c'est que je dois l'écrire et en endertylian, et en français ! Je sais, c'est un défi osé, mais ça ajoute un peu plus de réalisme à l'histoire.

Chapitre 2.03:

En fait, le leptys d'Antaris est à peu près 'sage' dans la partie 2. il joue juste le rôle de 'lampion' et de 'fond musical' lol! Mais cela permet de faire sentir sa présence tout au long de la partie.

J'alterne les chapitres entre les deux mondes pour vous faire un peu moins patienter. Donc pas de soucis, là-dessus, le chapitre 2.07 se passera sur Endertyl...

Quant au mystère avec Lanella et Norvan , je te rappelle que la partie 2 à pour nom 'les liens des rêves'.^^

Je précise aussi que j'ai profité du chapitre pour inclure un moment d'intimité avec le perso de Lanella (avec son parrain inconscient et son bain chaud, et la porte...XD), mais je l'ai fait pratiquement sans m'en rendre compte. C'est bizarre, je ne m'en souvenais plus...

Pour l'histoire du stylo, Rush est plus à plaindre qu'à blâmer (essayez de trouver ce qu'Iron a rammassé).

@ Tout le monde

Joyeux Noël !

Voici le nouveau chapitre ! Le dernier de l'année 2007 !

_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*

CHAPITRE 2.06 : Attaque de Haut Vol

'Les dernières attaques du groupe terroriste Incognito (appelé ainsi parce qu’il ne revendique aucune de ses attaques, malgré un mode opératoire quasiment identique) visaient de plus en plus souvent les intérêts de la FEA, et plus particulièrement le programme Sentinelle. Certains pensent qu’il représente l’incarnation du Fléau. Nous pensions que ce dernier ne s’en arrêterait sûrement pas là. Nous n’allions pas être déçu.'

Mondes et Merveilles, autobiographie de Marc Malvac





J-10





France, quelques minutes plus tard.


Quand la communication fut rompue, tout le monde autour de la table savait que le scientifique avait réussi à se cacher, et l’eau tremblotant dans leurs verres leur avait confirmé l’éruption. Mais tout le monde savait que survivre à une explosion n’était pas une partie de plaisir, et toutes les personnes ici présentes s’inquiétaient pour le volcanologue.

Maeva, Aya et Norvan se levèrent et allèrent au milieu de la pelouse en compagnie d’Olrik qui prévenait les secours locaux et les autorités fédérales pour qu’elles prennent les mesures nécessaires. Ils virent alors l’énorme colonne éruptive s’élever à l’Ouest.

D’ailleurs, les deux présidentes avaient allumé leurs portables, sous le regard désespéré de Michel Malvac, et donnaient des instructions à leurs collaborateurs. La politique venait d’entrer en piste.

Quelques minutes plus tard, tous perçurent l’explosion. Elle avait encore le volume sonore d’un concert de rock des plus enthousiaste et tous se plaquèrent les mains sur les oreilles pendant un moment.

Les jeunes restèrent ainsi pendant un instant dans le soleil de l’après-midi à regarder l’horizon, jusqu’à ce que Pascale Perrin vienne les rejoindre.

-Il faut que vous quittiez cet endroit, dit-elle. Les vents dominants poussent les nuages de cendres à l’Est et vont bientôt paralyser l’aéroport Lyon St Exupéry. Vous avez un petit avion qui vous y attend déjà pour partir à Rennes. Allez-y avant que les vols soient tous annulés.

Norvan, Aya et Maeva finirent leurs bagages. Olrik aurait bien voulu les aider, mais l’escalier de l’entrée ne lui permettait pas d’accéder à la maison.

Ils dirent ensuite tous au revoir au grand-père de Maeva et le remercièrent pour ce délicieux repas. Il serra les trois jeunes dans ses bras et leur souhaita une bonne continuation. Il se contenta d’une simple poignée de main pour les autres personnes présentes, celle avec sa nièce étant nettement plus fraîche que les autres.

Cinq minutes plus tard, tous furent emmenés par deux berlines écologiques vers la gare TGV de Valence. De là, ils prirent le train jusqu’à l’aéroport international de Lyon St Exupéry. Alors que Pascale Perrin, Carolyn Lloyd et Mayko Ajima partirent sur des vols différents pour retourner à leur travail respectif, Maeva Malvac-MacArthur, Norvan Chauveau-Meyer Aya Ajima et Olrik Berek prirent un jet privé en partance pour la Bretagne qui les attendait. A part eux et les pilotes, personne d’autre n’était présent dans l’appareil. Il n'y avait pas d'hôtesse ou de steaward.

Ils décollèrent juste avant que les vols soient interdits. Les pilotes prirent de l’altitude pour éviter la masse de cendres qui commençait à recouvrir le sol. Ils évitèrent donc une panne des réacteurs, qui pouvait se révéler quelque peu problématique dans un avion, puisque se poser sans aucune visibilité dans un champ grand comme un timbre-poste n’était pas spécialement recommandé.

Dans la partie passager, dès qu’ils furent en vol de croisière, Olrik s’empressa de faire signer les contrats qui autorisaient les filles à travailler pour le gouvernement. Désormais, elles faisaient partie intégrante du programme Sentinelle.

Olrik se cala un peu plus confortablement dans son fauteuil roulant à la force des bras.

-« Ici, nous pouvons nous envoyer des messages mentaux sans risquer de nous faire repérer ».

-« Très bien », fit mentalement Aya, qui s’affala sur le fauteuil de cuir le proche. « Dis-nous ce que tu ne nous as pas dis ce midi ».

-« Okay. C’est parti. Sentinelle commence à développer une véritable conscience, et j’y travail dur pour y arriver ».

-« Une conscience ? » s’exclama Maeva assise autour de la petite table où ils s’étaient réunis.

-« Oui, enfin… Un début de conscience », nuança le jeune prodige.

-« Mais… c’est impossible ! » objecta la jeune fille rousse, incrédule. « Une simple machine ne peut pas être consciente ».

-« Ce n’est pas une simple machine, Maeva, mais un super calculateur. Il fait pratiquement tout le nécessaire pour l’instant, sauf le café. Il fallait de toute façon que je développe un logiciel capable d’éviter que tout ce concentré technologique nous saute à la figure. Il nous faut bien ça, vu ce que nous devons garder à l’intérieur de la base … »

Aya darda ses intenses yeux bridés sur Olrik.

-« Et qu’est ce que vous gardez ? »

-« Le Seuil », répondit-il, nullement impressionné par le regard menaçant de la jeune fille aux traits asiatiques.

-« Le quoi ? »

-« Une relique des temps anciens, une passerelle vers des mondes parallèles », répondit Norvan, qui surprit les deux filles.

Le jeune homme regardait rêveusement à travers un hublot les nuages qu’ils traversaient.

-« Comme dans Stargate ? » interrogea Aya en triturant ses longs cheveux brins.

Elle était une fan de science-fiction.

-« Pas vraiment », intervint Olrik. « Ce ne sont pas des planètes du même univers que nous voulons visiter. Mais nous avons bel et bien besoin de trouver une adresse. Sinon, le voile d’Aurores qui sépare les différents mondes n’apparaîtra pas. »

-« Une Aurore ? »

-« C’est la membrane qui délimite notre univers », expliqua le jeune homme muet. « Pour simplifier, le Seuil réduit l’épaisseur de cette membrane. Si quelqu’un la franchit, il le guidera vers l’adresse choisie. »

-« Sauf que nous n’avons aucune adresse en réserve et les combinaisons du tableau de commandes que nous avons trouvé sont trop nombreuses pour être toutes testées les unes après les autres, ajouta le jeune homme roux. Nous avions envoyé, Maeva, ton père à la recherche d’une piste de coordonnées contenues dans des pierres, sous forme d’inclusions dans des cristaux purs. Malheureusement, comme tu le sais, elle a mal tourné. Si tu veux, je t’emmènerais voir le capitaine pour qu’il puisse répondre à tes questions. Qu’en dis-tu ? »

- « Ça me ferait très plaisir. Merci », fit la jeune fille, la voix enrouée sous le coup de l’émotion.

-« Et si vous êtes sages, ajouta-t-il, je vous montrerais peut-être le Seuil. »

-« Tu nous présenteras aussi à Alex Portman ? » s’enquit Aya.

-« Bien sûr ! » assura Olrik, ce qui fit sursauter Norvan, lequel lui jeta un regard de reproche quand son ami renchérit. « Après tout, vous allez être hébergé pour la nuit dans son château avec moi et notre grand muet. On le rencontrera tous les quatre pour que nous vous présentions toutes les deux. »

-Et est-ce qu’il est au courant pour ta Pierre ? demanda-t-elle d’un faux ton innocent et à voix haute. Ou de celle de Norvan ?

Une expression de surprise figea pendant un fugitif instant le visage d’Olrik, mais il se reprit très vite.

-Je ne vois pas ce que tu veux dire, rétorqua-t-il d’un ton neutre.

Aya, Maeva et Norvan se jetèrent un regard rapide puis sortirent tous les trois en même temps leurs pierres en médaillon de sous leurs t-shirts. Le jeune homme muet arborait un sourire revanchard en brandissant son médaillon vert tandis que celui de ses amies était ironique.

L’impertinent jeune prodige essaya de rester impassible, mais sa lèvre inférieure était agitée d’un tic assez peu discret. Ce qui cassait l’effet.

-Qu’est ce que c’est ? fit-il d’une voix mal assurée. Des bijoux ?

-« Tu sais très bien ce que c’est », répliqua Norvan, inflexible.

-Tout comme nous, tu as une Pierre, renchérit Maeva qui jouait avec la chaîne dorée de sont médaillon opalescent. Pourquoi refuses-tu de la montrer ?

Olrik ne sut pas comment réagir. Pour la deuxième fois dans la même journée, la situation échappait complètement à son contrôle.

-Tu veux peut-être que je t’arrache ton t-shirt ? menaça Aya d’un ton très naturel en caressant son insigne d’émeraude finement ouvragé, qui avait l’air de luire au contact de ses doigts.

Le jeune prodige soupira. Intérieurement, il admirait la jeune franco-japono-marocaine pour sa perspicacité.

-D’accord, lâcha-t-il. La voilà.

Il sortit délicatement de sous sa chemise un cristal de quartz pur, qu’il portait comme les autres en médaillon.

Il y un temps de flottement, puis Olrik demanda, bougonnant :

-Voilà, vous êtes content ? De toute façon, je parie que vous ne savez même pas ce que ça fait de vous.

-Des Durnakans ? répondit Aya avec désinvolture.

-Euh…

Norvan avait bien sûr raconté son rêve étrange à ses amies, ce qu’ignorait le garçon roux. Ils se demandaient d’ailleurs si c’était vraiment un rêve ou… autre chose. Quant au jeune prodige, il était resté bouche bée.

-Tu veux gober une mouche ? se moqua la fille aux traits asiatiques.

-Remarque, ironisa Maeva, tu dois bien t’entraîner pour en manger avec les kebabs turcs.

-« Et puis », plaisanta le garçon blond, « si ça se trouve, ce sera peut-être la nourriture locale d’Antaris… »

Le garçon roux ferma d’un coup sa bouche, vexé d’être le dindon de la farce, alors que d’habitude c’était lui qui farcissait les autres. Il se tourna vers le garçon blond et muet qui le regardait d’un air farceur.

-Je vois que tu as pris ta revanche. Mais après tout, je le méritais. Tu as fouillé dans mes affaires ?

Norvan tapota son médaillon.

-« Je n’en ai même pas eu besoin », expliqua-t-il mentalement.

Olrik hocha la tête. Il avait compris. La pierre verte devait être une sacrée mine d’informations, mais il savait aussi qu’elle ne pouvait pas être lue par une autre personne ou par du matériel électronique.




Pendant presque tout le reste du trajet, le jeune prodige demanda à son ami de lui narrer en détail ce qui s’était passé depuis la dernière fois qu’il l’avait vu, ce qu’il fit.

Une fois le récit terminé, Olrik sortit des petits fours des réserves de l’avion et en offrit aux autres, sans toutefois y toucher. Selon lui, il n’avait pas pris d’hôtesse en raison des restrictions budgétaires du programme. Il commenta à voix haute ce qu’il avait appris.

-Mmm… Je pense que c’est ta Pierre qui a causé l’allongement de tes oreilles, mais j’ignore encore la raison qui a poussé les créateurs du programme logé à l’intérieur à faire une chose pareille. Toujours est-il qu’une opération de chirurgie esthétique ne servirait à rien puisqu’elles repousseraient sûrement quelques heures après. Elle a dû aussi modifier ton code génétique. Il faudra te refaire des tests d’ADN. Au fait, c’est quoi son pouvoir ? Il doit être très puissant pour avoir renforcé un ouragan.

-Il l’ignore encore, répondit Aya pour son ami. Il se manifestera sans doute quand il en aura le plus besoin. Après tout, il est encore novice.

-Si tu le dis, chérie.

Les yeux de la jeune fille asiatique à la peau d’ébène lancèrent des éclairs.

-Ne m’appelle pas 'chérie' ! Mais quand apprendras-tu la politesse à la fin !

Olrik allait répondre par une de ses phrases impudentes dont lui seul avait le secret, quand un filet de brume noire pénétra soudain dans l’avion.

Après ce qui ressembla à un temps d’hésitation, il s’infiltra dans le réseau informatrice, éteignant la lumière et, plus grave, tous les moteurs du biréacteur.

Passé le premier instant de surprise, les trois jeunes en état de marcher se précipitèrent dans le cockpit, dont la porte qui était étrangement déverrouillé. Ils y trouvèrent le pilote et le copilote, leurs fronts ensanglantés touchant le tableau de bord, leurs mains ne tenant plus les commandes. Ils étaient inconscients. Par chance, l’avion était bien orienté par rapport au vent et il planait pour l’instant sans problème. Mais à la première bourrasque, la situation risquait de tourner encore plus mal qu’elle ne l’était déjà.

Maeva voulait devenir professeur en médecine plus tard. Elle examina rapidement les deux hommes.

-Ils sont juste inconscients, dit-elle. J’ai le pouvoir de les guérir, mais pas de les réveiller. Mais qu’est-ce qui a bien pu se produire ?
Aya blêmit, ce qui représentait un exploit avec sa peau foncée.
Elle venait de comprendre.

-Le Fléau, souffla-t-elle, terrorisée. Il veut nous faire la peau.

-Ou celle de Norvan, intervint Olrik. Après tout, il a déjà tenté de le tuer une fois. Alors je ne verrais pas pourquoi il n’aurait pas réessayé.

Il regarda les corps inconscients des deux pilotes affalés sur leurs sièges de pilotage.

-Retirez les des sièges. Il va falloir qu’on règle ce petit problème. J’espère que le Fléau nous a sous-estimé, ça me rendra la tâche plus facile.

-Non mais, qu’est-ce que tu raconte ? s’énerva Aya. Explique-toi, à la fin !

Le jeune prodige cracha enfin le morceau.

-De toute évidence, le Fléau a coupé l’alimentation électrique de l’appareil. Si on attend que les pilotes se réveillent, on aura déjà eu le droit au grand plongeon.

-Et alors ? fit Aya, qui commençait à voir où il voulait en venir.

-Alors il se trouve que j’ai un brevet de pilote et…

-'Toi' ?

-Oui. 'Moi'. Et je pourrais vérifier si on peut se poser à Rennes sans trop de problèmes en faisant planer l’avion assez longtemps. Mais le problème, c’est que le cockpit est trop étroit et qu’il n’y a pas assez de place pour que l’on me porte.

-Que vas-tu faire, alors ? interrogea Maeva.

-Je vais essayer de me lever.

Les autres étaient très surpris.

-Je croyais que tu ne pouvais pas, dit Aya.

-Je peux marcher si je me concentre assez, mais je vous préviens : ça va me faire un mal de chien. Je vous prierais donc de ne pas me toucher.

La jeune fille se prit de pitié pour le garçon roux et ses souffrances. Certes, il était plus qu’impertinent avec elle et il avait ses mystères, mais au fond, elle l’aimait… bien.

-Il n’y a vraiment pas d’autre solution ?

-On pourrait toujours jeter Norvan de l’avion que le Fléau nous rétablisse tout le courant, plaisanta Olrik, mais j’ai des doutes sur l’efficacité de la méthode.

Aya eut un rire bref devant la tête que fit la personne en question.

-Alors vas-y, dit-elle.

Le jeune prodige ferma les yeux et se concentra profondément.

Lentement, il se redressa de son siège. Petit à petit, il réussit à se mettre debout. Obéissant à ses souhaits, ses amis s’écartèrent du passage. Fermant toujours les yeux, ses lèvres formant un rictus de douleur, il tâtonna pour se diriger.

A un moment, il manqua de trébucher mais il se rattrapa in extremis. Oubliant ce qu’il lui avait dit, Aya accouru pour le tenir. Alerté par un mystérieux sixième sens, Olrik se tourna vers elle et ouvrit les yeux.

-Non… murmura-t-il, en lui faisant signe de ne pas approcher plus près, le regard emplit d’une douleur contenue.

Aya fut pétrifiée. Elle seule put voir que les pupilles du garçon étaient devenues verticales comme celles des félins.

-Ne… me… touche… pas… fit-il d’une voix souffrante.

Surprise, Aya recula. Il referma les yeux.

Après de longues secondes d’attente insoutenable, Olrik s’écroula enfin dans le fauteuil du pilote. L’effort l’avait visiblement épuisé. Quand il se tourna vers ses amis, la jeune fille constata qu’il avait relâché son effort et que ses pupilles étaient redevenues normales. Même si, selon elle, il ne l’était vraiment pas. Aya se promit de le suivre de très près… ou de le tenir simplement à l’œil, car avec un pareil séducteur, on ne savait jamais.

-Bravo Olrik, le félicita Maeva. Bien joué.

Le garçon roux eut un faible sourire, puis regarda avec attention les voyants du poste de pilotage. Aucun d’entre eux n’était allumé.

-Il faut rétablir le circuit de secours, expliqua-t-il. Il faut qu’on puisse manipuler cet avion un minimum si on veut modifier sa trajectoire. Et nous devons perdre de l’altitude pour que l’avion ait une portance suffisante. Nous risquons de plonger à tout moment, là.

Soudain, tous les voyants se rallumèrent. Olrik les vérifia un à un et constata que tout était revenu à la normale. On pouvait lire la stupéfaction sur son visage.

-Alors ? demanda Aya qui était allé faire on savait trop quoi on ne savait où. Est-ce que tout remarche ?

-A merveille, fit le garçon, qui venait de comprendre. Comment as-tu fait ?

La jeune fille prit un air modeste.

-Oh. J’ai juste interrogé le pilote pour connaître le plan détaillé de l’appareil. Heureusement que ce jet est pas trop grand car il n'avait que les plans simplifiés en tête ! Il m’a ensuite suffit de rebrancher deux fils déconnectés. J’ai bien failli me faire électrocuter, d’ailleurs.

Mais Olrik n’avait retenu que le début des paroles d’Aya.

-Le commandant de bord s’est réveillé ?

Elle eut un sourire à la fois mystérieux et un peu charmeur.

-Je n’ai jamais dit qu’il s’était réveillé…

-Mais…

-Je l’ai juste… 'interrogé'.

Elle jeta un discret coup d’œil à son médaillon.

Le garçon leva un sourcil.

-Oh, je vois. Merci quand même, ma j… Aya, se reprit-il.

Ils échangèrent un sourire entendu.

Maeva prit alors la parole, faisant sursauter les deux jeunes gens, qui détournèrent le regard, gênées pour une raison qu’ils n’arrivaient pas à identifier. Mais les deux autres échangèrent des clins d’œil entendus.

-Bon alors, l’amoureux ? C’est quand qu’on arrive ?

Pour la première fois depuis qu’il avait commencé à sortir avec des filles, Olrik ne sut pas envoyer une bonne réplique.

-Euh… Je vais tout de suite te le dire.

Il enfila nerveusement le casque radio du commandant de bord et prit contact avec la tour de contrôle la plus proche.


_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_

Voilà ! Vous avez tremblé ? Vous avez été fasciné ? Vous avez repéré des fautes ?
Dites-le dans un commentaire !
@+!

Répondre

Posté par Kikart le 31-12-2007 à 09:56
Avatar de KikartPublier 1 chap par semaine ? ha ! ha ! Enjoy :)

Concernant ce nouveau chapitre, ça ne va pas être une surprise, il est aussi nul que les autres, comme j'ai pu le dire sur mes anciens comm.

J'aime beaucoup la tournure que prend les choses. Le Fléau n'attaque pas directement les héros mais il dérègle l'appareil. Ca fait une sorte de combat 'immatériel' que tu décris très bien.
La surprise d'Olrik qui se lève et va piloter l'avion, l'air de rien, est une bonne idée, ça fait un plan 'itinéraire de secours' ^^
Les yeux de félin... un pouvoir particulier ? serait-il comme Norvan ?

Évidement, on suit les règles de la coutume, les fautes :p
'Les jeunes restèrent ainsi pendant un moment' ==> un instant, puisque 'moment' est écrit juste au-dessus.
'-Et alors, fit Aya' ==> Et alors ? Fit Aya, avec le point d'interrogation.

Rah la la, pourrais-je te pardonner un jour ?

Répondre

Posté par Triss le 31-12-2007 à 11:16
Il faudra bien : tu as fait une faute en voulant me corriger !

=>''-Et alors, fit Aya' ==> Et alors ? Fit Aya, avec le point d'interrogation.'
Tu as mit une majuscule à 'fit'! Oo ^^

Merci quand même d'avoir relevé ça.

Sinon, si le chapitre est aussi 'nul' que les précédents, ça veut dire que tu es toujours accro ?^^

Pour le Fléau, vous le reverrez dans la partie 3.

Pour Orik, je ne me pose pas de question, parce que je sais déjà QUI il est !^^
Et oui, c'est bien pratique de connaître toute l'histoire à l'avance !^^
Sinon, tout ce que je peux dire, c'est que son pouvoir est représenté par sa super-intelligence, pour l'instant.
En ce qui concerne les pupilles verticales, je te conseille de ne pas louper dans un prochain chapitre la profession du père d'Aya. Là, tu auras un indice.

J'en dis pas plus.
J'attends juste les autres commentaires avec (plus ou moins de) patience.

Allez !
BONNE ANNEE 2008 et @+!

Répondre

Posté par ice-cream le 31-12-2007 à 17:17
Avatar de ice-creamUn chapitre par semaine?!?! Tu ne veux plus qu'on poste des coms, c'est ça? Mdr

Après vérification (et de longues heures de musculation!), je n'ai toujours pas trouvé la signification du mot 'MAAR'... Pourrais-je avoir une traduction please?

Pour ce chapitre, je m'attendais à quelque chose de féérique, de magnifique, puisque nous sommes en pérdioe de fête. Bon il faut dire que pour le rythme, je n'ai pas été déçu, il était extrèmement lent! Sur ce ppoint, tu nous a habitué a beacoup mieux...

Pour ce qui est du contenu, ben excuse moi , mais dans la première partie, c'était vide, fade...
Mais dans la seconde, réveil, action : bref, TA fic à toi! Bizarre, cette transition...

Enfin, tu essaie toujours de mettre une touche d'humour (même si cette fois-ci c'est léger) et ça j'aime bien!

Mais rassure toi, malgré ces PETITS inconvéniens, je suivrai toujours ta fic jusqu'au mois de juin!!

BOnne Année à Tous!

Répondre

Posté par Triss le 03-01-2008 à 17:22
Merci quand même d'avoir daigné jeter un coup d'oeil sur le chapitre !^^

Bon, 'Maar : définition'

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maar

Pour la longueur, c'était pour expliquer des choses 'techniques', donc, c'était normal.

Oui, il va y avoir quand même un paquet d'explications dans les prochains chapitres, mais je les ai écrit de telle façon qu'on puisse mieux les digérer que dans les vieux bouquins de Science-Fiction ('y en a certains qui sont vraiment assomants, j'vous jure !).

Bon, prochain chapitre la semaine de la rentrée, pour que vous ne soyez pas trop déprimés en reprenant les cours...

@+!

Répondre

Posté par - cassandra - le 03-01-2008 à 22:03
Avatar de - cassandra -Yo chui de retour Triss !! Lol tkt pô je fais de mon mieux pour abandonner personne en route même si c'est pas facile. Après je lis quand même des fics car j'imprime les chapitres pour lesl ire plus tards donc pas de panique même si je poste pas tout de suite c'est pas que j'ai disparue lol !

( ** Bave *** ) Oui j'ai hâte de voir le beau dragon issu de ton imagination ;) et si t'as besoin d'infos sur des dragons en particulier n'hésite pas à me demander je ferrais de mon mieux pour t'aider ^^ !Jje peux pour me renseigner ( bah quoi ? on sait jamais lol au cas où j'ai un trou de mémoire XDD ) ou te transmettre les choses que je connais déjà XD !

Le chapitre 4 était très instructif  ^^ !!

Un peu volumineux comme tu dis mais comme il y a pas mal de dialogues, ça fait avancer plus rapidement l’action et donc on ne s’ennuie pas avant la fin :p
« Grand Discours » entre parenthèse comme tu dis lol vu comment elle déballe les nouvelles de l’accident ^^’’, elle a l’air toujours très sympa quand on la lit comme ça lol

Le passage devant la télé est pas mal, on voit que tu t’y connais bien dans les nouvelles :p et en culture générale !
( Clin d’œil ) A la croisée des mondes Xd c’est la trilogie que je suis en train de lire il sont génial ces livres ^^ ! Tu as bon goût Triss XD.
Durant les scènes qui suivent tu décris bien l’univers ‘ adolescent ’ de nos jours ça nous familiarise plus rapidement dans le contexte ( je trouve c’est plutôt personnel comme avis ), on s’y retrouve assez rapidement avec les nouvelles techno.

N’empêche Norvan il a pas de bol x_x déjà il est muet en plus il est coincé chez lui à cause de son apparence il me fait penser à moi ( la malchance le poursuit lol ). Sûr que ça doit être ennuyeux de rester à rien faire quand vos amis vont au cinoche…
Pour la télépathie j’ai l’impression que ça devient de plus en plus difficile de la cacher, tous le monde à l’air si… étrange..; XD mais en y repensant c’est pas mal pour Norvan qui ne peut pas parler ça permet de l’entendre un peu de temps en temps ( j’espère que ce serra plus après qui sait comment les choses évoluent ;)

Olrik = ptdr ! Comment y s’est prit un râteau comme tu dis ça lui apprendra ! Parole de fille révoltée XDD !

Comme toujours tu décris à merveille la scène à table avec un dialogue des plus intéressant sur l’implication des trois adolescents dans l’histoire. La présidente qui se ramène chez eux j’vous jure lol on aura tout vu j‘vois le truc d’ici !! On y apprend notamment plusieurs nouvelles petites choses sur la capacité de l’ordinateur et ce dont pourquoi il a était conçu. Aya elle me fait ptdr dans ce chapitre : au moins une qu’à les pieds sur Terre XD ( Combien serrons-nous payées ? Lol tu fais passer les filles pour des vices de l’argent là ! Na j’rigole mdr !! )
Pour le chalutier t’as était méchant = on n’a toujours pas ( ou presque ) de nouvelles sur ces pauvres gens ^^’’)

Pt la fin t’as fait fort là le pauvre géologue, ça va faire un autres mort là x

Bon comme le post d’avant j’arrive à la bourre et je vois pas de fautes Grrr ^^’’


Chapitre 5 à mourir de rire vive les communications téléphoniques lol

Dommage le géologue s’en sort intact ( lol la grosse sadiK XDD ! ) même s’il est un peu court comme on te l’ont fait remarquer tes précédents lecteurs ça reste toujours aussi trépidant ^^ et puis un petit chapitre par-ci par-là ça fait du bien par rapport au reste des chapitres ^^ d’ailleurs je te conseillerais d’en mettre entre tes gros chapitres de temps en temps, le lecteur est plus tenté d’entreprendre la lecture d’un nouveau chapitre si celui-ci est plus court que le précédent ;)

Aussi au moment du compte à rebours, je pense un peu comme ice-cream le fait de mettre des descriptions entre les 2 ralenti l’action et donc gâche un peu l’ambiance speed du moment mais ça ne gène pas trop.

Ah ! Enfin !! J’ai trouvé une petite faute de frappe à cet endroit  =

Il y a un petit village non loin d’ici. Vous y serez assez loin de l’explosion pour ne pas vous faire carboniser, mais il faudrait que vous trouviez un escalier extérieur suffisamment protégé pour vous abriter en dessous, ou alors une cave profondément enterrée ( sus ) terre. Ce n’est pas le meilleur genre d’endroit, mais c’est là où vous avez le plus de chances de vous en sortir

Le mot entre parenthèse je crois que c’est sous lol c’est pas grand chose mais c’est toujours ça XD

Chapitre 2.06

Un chapitre qui nous a fait peur XD le Fléau en a bien après nos héros ça va devenir compliqué pour eux à la longue ^^. C’était encore un chapitre avec pas mal de dialogue donc c’est aller assez vite pour moi. ( Par contre j’ai pas pu relever de faute quelle nulle x_x j’étais tellement dans l’action du chapitre que j’ai baissé ma vigilance ^^’’ )

Orilk nous cache un truc mais quoi ? A suivre comme le dit Aya, d’ailleurs je commence à la triper de plus en plus cette fille ! Elle me fait marrer ^^
En tout cas, la situation électrique de départ à l’air un peu de se détendre entre les deux adolescents.
J’ai particulièrement aimé le passage où il tente de rétablir les commandes ça m’a dressé les cheveux sur la tête XD !!
Le pouvoir de leur pierre ça reste aussi un grand mystère ! Je me demande si Triss à l’intention de nous en relever une partie bientôt J lol
C’était tendu mais pas grand chose à dire sur le contenu à part que j’étais dedans lol

Voili, voilou je repasse quand t'aura les news chapitres ( un par semaine ? Tu veux nous tuer XD  j'vais avoir de la lecture moi pour les vacances de Pâques mdr !! Aller encore bonne chance pour la suite de ta fic et Bonne année les people !!

Répondre

Posté par Triss le 21-01-2008 à 16:33
@-cassandra-

T'inquiètes ! Je me doutais bien que tu n'avais pas disparue !

Pour les dragons, j'ai toutes les informations NECESSAIRES (ce qui veut dire que je ne sais pas TOUT, mais seulement ce dont j'ai besoin pour écrire ). Merci de ta proposition.

Chapitre 2.04

C'est qui le 'elle' qui déballe les nouvelles de l'accident ?

L'univers adolescent ? Ven comme ça se passe en 2017, j'ai bien intérêt à tout moderniser ! Par exemple, on n'imaginait pas que presque tout le monde aurait un portable il y a à peine 15 ans.

A la Croisée des Mondes : j'ai écrit ce chapitre en juin, donc AVANT de voir les premier film. Mais bon, il fallait bien que je mette un titre connu.

Norvan : il ne sera plus tellement muet à la fin de la partie 3. Je te dis pas comment ( pour te faire un peu plus baver évidemment ^^).

Vous aurez plein de nouvelles du capitaine du chalutier (celui qui était arrivé à moitié noyé dans le port de Brest à la fin de la partie 1) dans l'avant-dernier chapitre de la partie 2.

Chapitre 2.05

Pour la méthode chapitre longs/courts, c'est excatement ce que je vais faire.

Pour le 'long' compte à rebour, j'ai ajouté les descriptions pour faire comme les images ralenties dans les films.

J'ai corrigé la faute de frappe.^^

Chapitre 2.06

Un chapitre qui fait peur ? Oui, c'est vrai. Surtout avec Olrik. Son histoire avec Aya ne sera d'ailleurs pas sans suite (je ne dirais rien de plus^^).
Pour les réponses à toute tes interrogations, tu les auras au fur et à mesure.

Et en ce qui concerne le nouveau chapitre, le voici !^^

_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_

CHAPITRE 2.07 : Mystères à Kamelot

'Deuxièmement, un Leptys est capable de créer un être fait de chair, d’os et de sang, mais dont la forme n’est pas fixe, et peu varier selon la volonté de cet être. Les savants nommèrent cette forme de vie « entité matérielle du leptys », le peuple l’appela tout simplement “leptys”. Contrairement au Leptys dont elle est issue, elle peut voyager, et ainsi parcourir le monde.'
Notes personnelles d’Alex Portman (extrait).


J-10


Endertyl, Shostrap, côte Ouest du continent Sud



L’aube avait mis longtemps pour percer les nuages pluvieux planants sur la citadelle, encadrée dans trois directions par le champ de force hostile de l’Empire de Kiordj.

Dans les parties abritées. Depuis l’arrivée de Phœna, les conversations et les potins allaient bon train. Unvela n’avait encore rien dit sur le destin qui attendait tous ces valeureux soldats.

Ceux-ci rongeaient leur frein dans l’attente d’une attaque d’un ennemi pas pressé le moins du monde.

Unvela se redemanda pour l’énième fois pourquoi ne pouvait-on pratiquement jamais choisir les horaires d’une bataille. Avec une pause à chaque repas et des jours de repos toutes les fins de semaines, par exemple, cela aurait été parfait. Mais le monde était terriblement injuste et, à moins d’un miracle, la traditionnelle pause pour le djago - une infusion très relaxante - pendant la guerre resterait à jamais une utopie et les armées ennemies continueraient à s’affronter vingt-cinq heures sur vingt-cinq dans le sang, la sueur et la poussière.

Pour l’instant, tout se résumait à des parties de trekeny qui n’en finissait pas. Jeu de société très populaire, il était réputé pour son extrême simplicité et ses parties extrêmement ardues.

C’est alors que le son de la trompette retentit ; toute personne présente dans la citadelle devait impérativement se présenter dans la cour. Chacun abandonna donc ses occupations et prit le chemin vers le lieu de rendez-vous. Détrempée par les pluies de la matinée, la cour de la citadelle était complètement boueuse. Bon nombre de militaires présents, notamment les membres féminins de l’armée, s’en plaignirent assez. Mais tout le monde fit silence quand la leptys et la princesse héritière apparurent sur les remparts.

Phœna commença son discours d’une voix forte.

— Peuple d’Ottaviana. L’heure est grave. De nouveaux vers de la Grande Prophétie viennent et vont encore se réaliser dans les prochains mois. Nous entrerons alors dans une grande période de troubles. Non seulement pour l’Empire, mais aussi pour Endertyl et les autres mondes.

La leptys contempla un moment la foule silencieuse avant de reprendre.

— Oui. En vérité, je vous le dis. Le Fléau est de retour parmi nous. Il a pris possession de l’ennemi. Il nous attaquera donc sur ce territoire et nous perdrons cette bataille, soyez-en certain.

Elle se tut tout en reprenant son souffle. Elle détestait les allocutions publiques, où elle n’arrivait jamais à rythmer sa respiration. C’était peut-être une leptys, mais personne n’était parfait.

Unvela Nihl Terek poursuivit.

— Mais perdre une bataille ne signifie pas perdre la guerre. En vérité, je vous le dis, le Fléau sera vaincu. Mais pas ici. Pas maintenant. Il est même quasiment certain que je n’en ressortirais pas vivante. Et vous non plus, d’ailleurs.

Phœna reprit alors la parole, coupant court aux murmures de stupeur qui parcoururent l’assemblée.

— Vous vous demandez sans doute pourquoi nous ne fuyons pas. Et bien je vais vous l’expliquer par quelques questions essentielles. Que croyez-vous qu’il se passera si nos ennemis ne trouveront rien sur son chemin ? Hein ? Les troupes vont s’avancer jusqu’au premier village. Ils trouveront toujours quelques ghenaks qui ne seront pas partis à temps. Soit ils les massacreront, soit ils les mettront en esclavage, ou pire.

Elle regarda tous ces soldats patientant sagement dans la fange, suspendus à ses lèvres. C’était tellement silencieux qu’on entendait même les drapeaux et les fanions claquer sous le vent du large. Décidément, les mots avaient un bien étrange pouvoir...

— Ensuite, ils s’attaqueront aux autres bourgs dépeuplés, aux autres villages, aux autres villes de l’Empire. Ils rencontreront aussi sur leur chemin de longues colonnes de migrants. Et que se passera-t-il à votre avis quand ils mettront la griffe sur vos femmes, vos époux, vos enfants ?

Elle se tut le temps que l’ordre revienne un peu dans les troupes avant de poursuivre.

— Nous ne vaincrons sans doute pas à Shostrap, mais nous les ralentirons assez pour qu’ils arrivent à Terenik après l’arrivée des troupes alliés dans la petite république. Car en vérité, je vous le dis, s’ils réussissent à prendre le Jyravanero, ils pourront arriver plus facilement à Ottaviana, faire tomber la ville, mais aussi notre Tour et par conséquent conquérir tous les univers. Ça ne sera plus seulement quelques dizaines de milliards de ghenaks qui seront menacés, mais des milliards de milliards d’êtres conscients. Êtes-vous prêts à accepter que le Fléau se répandre tel un poison délétère ?

L’armée hurla alors de concert la même réponse.

— NEDAAA ! ! ! crièrent tous les ghenaks en armes qui pataugeaient dans la boue, qui n'était pas du tout d'accord avec la question.

Cela voulait dire non en endertylian.

— Et êtes-vous prêts à vous sacrifier pour sauver la paix et le bonheur ? reprit la femme leptys. Pour ce monde et les autres ?

— URIAAA ! ! ! hurla l’armée, galvanisée, ce qui voulait évidemment dire oui.

La princesse guerrière étira la commissure de ses lèvres en un pauvre sourire. Phœna avait réussi à faire comprendre à une simple armée pas très érudite toutes les raisons de la guerre. Elle les avait poussés à se battre pour une cause juste que tous comprirent.

— Phœna restera un moment avec nous, intervint-elle, mais elle ne pourra pas se battre. Le risque qu’on la fasse prisonnière est bien trop important et les conséquences n’en seraient que plus désastreuses. Bien sûr, vous êtes un peuple libre et responsable de chacun de vos choix. Par conséquent, que ceux qui ne souhaitent pas participer à cette bataille sortent des rangs sans honte et avancent vers moi expliquer leur choix.

Trois ghenaks seulement se détachèrent et s’avancèrent la tête haute malgré les regards désapprobateurs des autres militaires posés sur eux. Ils grimpèrent les marches qui menaient au chemin de ronde et s’agenouillèrent devant l’héritière et la leptys. Phœna désigna des trois celui qui se tenait au milieu. C’était un bouniek grand et d’un fort gabarit, le membre le plus âgé du petit groupe, sa fourrure laissant voir quelques poils grisonnants là où elle était visible. Le fourreau dans son dos portait une épée deux fois plus imposante que celles des autres soldats et la puissante musculature de son propriétaire prouvait qu’il savait s’en servir.

Celui-ci regarda la princesse sans défaillir. Son regard était porteur d’une volonté hors du commun.

— Pourquoi vous trois refusez de participer à cette bataille ? demanda-t-elle d’une voix forte, afin que tous puissent l’entendre.

La voix du bouniek, dénuée de toute honte contrairement à ce s’attendaient les soldats restés en bas, était grave et profonde. Elle résonna dans toute la cour de la citadelle, solennelle.

— Selon-vous deux, princesse, tous ceux qui combattront ici sont condamnés à une mort prochaine. Pourquoi n’auraient-ils pas le droit d’écrire une dernière fois à leurs familles ? Pour qu’elles sachent pourquoi ils se sacrifient pour cette patrie ? Car je vais vous dire ce qui se passera pour elles après cette bataille. Elles finiront bien par apprendre la mort de leur conjoint, de leur enfant. Tôt. Ou tard. Elles seront anéanties, elles ne pourront pas donner une sépulture décente à leurs proches tombés au combat, et elles se feront rattraper par les armées ennemies. Elles ne peuvent pas souffrir à cause de nous, et nous ne voulons sûrement pas leur faire de mal.

Unvela fut plus que convaincue, mais quelque chose la dérangeait.

— C’est donc pour cela que vous vous êtes détachés des rangs ? Pour me faire part de votre requête ? Tous les trois ?

— Pas seulement. A quoi servirait-il d’écrire des lettres pour nos familles si elles n’arrivaient pas à destination ? Et comment feraient les guerriers ne sachant pas écrire dans cette armée pour leur envoyer un message ? Vous avez interdit la venue de messagers de l’Empire pour des raisons que vous venez de nous faire comprendre. Il faut des ghenaks pour les leur faire parvenir. Les routes sont dangereuses et ceux qui sont ici à mes côtés ont eux aussi reçu une formation guerrière. Nous pouvons très bien nous défendre tout seul, et chacun de nous pourrait écrire les messages des soldats analphabètes avant de transporter le courrier. Pour éviter de trop importants chargements et ne sachant pas quand nous serons attaqués, je vous propose, princesse, d’envoyer chaque soldat de notre petit groupe un par un vers la ville la plus proche, afin d’étaler les envois. Tant que nous ne sommes pas attaqués, les camps de réfugiés resteront fixes, mais après, il nous sera impossible de trouver les destinataires.
Le bouniek s’était progressivement relevé et dépassait maintenant d’une bonne tête la leïkof, qui était déjà très grande. Elle s’approcha lentement du ghenak et lui posa la main sur une des puissantes épaules. Elle dut se tordre le cou pour le regarder droit dans les yeux.

— Comment t’appelles-tu ? demanda-t-elle d’une voix forte.

— Gordo Tyrol Ak, répondit-il sans sourciller.

— Gordo, je te nomme superviseur du courrier des soldats. Tous trois êtes chargés de recueillir tout le courrier possible. Une seule lettre par personne sera acceptée. Les deux autres ghenaks à vos côtés seront vos assistants jusqu’à ce qu’ils partent un par un jusqu’à la ville la plus proche. Vous serez le dernier à quitter cette citadelle. J’ai dit.

Le bouniek eut l’ombre d’un sourire.

— Cela sera fait selon votre volonté, princesse, affirma-t-il.

Une rafale plus forte que les autres les poussèrent alors dangereusement sur le bord du chemin de ronde. Toutes les personnes présentes en haut de la muraille s’accroupirent précipitamment pour ne pas se faire renverser, mais il était déjà trop tard pour la princesse héritière. Unvela dérapa et tomba vers le sol sous les yeux horrifiés de l’assistance. Alors que tout le monde voyait la leïkof déjà morte. Une main lui retint fermement un bras.

C’était Gordo. Il avait sauvé la vie de la princesse de l’Empire d’Ottaviana.




Bretagne, France (FEA), Terre.

« Mesdemoiselles et monsieur, nous arrivons à vue de l’aéroport de Rennes. Veuillez éteindre vos cigarettes et tous vos appareils électroniques allumés, attacher votre ceinture et ravaler les commentaires désobligeants que vous pourriez vous échanger sur mes qualités de pilote. Merci beaucoup. »

Olrik poussa le comble de la procédure à répéter le tout en anglais tandis que Maeva, Aya et Norvan s’appliquaient à obéir. Les deux amies eurent un soupir excédé tandis que le garçon muet leva des yeux désespérés vers le plafond de l’avion. S’ils atterrissaient sans aucun temps d’attente, c’était par ce que les contrôleurs de l’aéroport étaient eux aussi à la limite de la crise de nerfs, le jeune et impertinent prodige les ayant poussés à puiser dans les limites extrêmes de leur patience.

Celui-ci tira la manette des gaz, réduisant ainsi la vitesse de l’appareil d’un quart et amorçant la descente. Les passagers se crispèrent. Ils n’avaient pas vraiment confiance dans les talents de pilote d’Olrik et celui-ci voulait à tout prix atterrir en mode manuel.

Les deux pilotes toujours inconscients étaient attachés à deux sièges et seraient récupérés par une ambulance une fois au sol.

Le jeune prodige vérifia le cadran de vitesse pour vérifier que l’avion aille à au moins soixante-dix nœuds et ainsi éviter de s’écraser, ce qui serait assez problématique dans une région peuplée. Il était pile au-dessus de la vitesse de décrochage. Parfait.

Il sortit ensuite le train d’atterrissage, en tirant une manette vers le bas. Puis il repéra la piste indiquée par la tour de contrôle et vérifia par acquit de conscience si elle faisait au moins deux kilomètres (on ne savait jamais, il avait tellement charrié les gars de la tour de contrôle…).

Il manœuvra le manche à balais pour que l’altimètre indique un millier de pieds et que la piste soit visible à l’extrémité de l’aile droite. Il commença alors à tourner. En se rapprochant, il réduisit peu à peu la vitesse, s’assurant que le nez de l’appareil ne plonge pas à plus d’une quinzaine de centimètres sous la ligne d’horizon.

Quand l’altimètre indiqua une centaine pieds, il fut pile au-dessus de la piste. Les roues arrière la touchèrent en premier. Olrik tira légèrement sur le manche à balai pour que le nez ne heurte pas le tarmac. Enfin, il tira à fond sur la manette des gaz pour ralentir l’appareil.

Dans la partie passager, Maeva traduisit à haute voix à ses amis ce qu’ils pensaient tous.

— On…On est toujours vivant ?

Olrik reprit le micro tout en utilisant les pédales dirigeant l’avion dans un rictus douloureux, prenant son rôle de pilote très au sérieux.

« Alors les amis ? Je vous avais pas dit que je savais piloter ? Bon, c’est pas tout ça. Il est dix-sept heures, heure locale, la température extérieure est de vingt-cinq degrés et demi, et même un diabétique comme moi commencerait à avoir un petit creux. Alors dépêchez-vous de descendre dès l’ouverture de la porte jusqu’à la voiture noire qui vient à notre rencontre si vous voulez arriver chez mon grand-tonton avant que le dîner ne soit servit. »




Quelques minutes plus tard, le jet était garé près du terminal de l’aéroport et tous descendirent sur le tarmac tandis que des ambulanciers se précipitaient à l’intérieur pour en sortir le pilote et le copilote de l’appareil, toujours dans les pommes. Ils auraient même été interrogés par la police s’ils avaient été de simples citoyens, mais les dirigeants de Sentinelle avaient une grande influence dans bon nombre de domaines : le Ministère Fédéral de l’Intérieur, celui de la Défense, tout comme les syndicats policiers et les autorités de surveillance de la police. Autrement dit, on les laisserait tranquille à ce sujet.

Nos quatre amis et leurs bagages furent embarqués dans une berline noire peu après leur descente de l’avion. Olrik, qui se cassa la figure en sortant de la cabine de pilotage (« je pouvais toujours essayer », dit-il en se faisant soulever par son ami ), fut assis à la place du passager avant tandis que Norvan et les filles s’assirent sur la banquette arrière. Ce dernier se trouvait entre Aya et Maeva et son ami lui jeta des regards envieux tout le long du trajet sur la route.



Peu avant sept heures, ils arrivèrent enfin en vue d’une imposante forêt.

— Nous allons bientôt arriver au château, dit Olrik à Aya et Maeva. Comme nous y arriverons par l’est, nous ne passerons pas devant le camp militaire. Nous allons très bientôt entrer dans la forêt de Paimpont, alias Brocéliande, qui doit sans doute vous dire quelque chose à propos de Merlin et du roi Arthur. Pour l’aspect historique, sachez que cette forêt couvrait avant toute la Bretagne et était occupée par l’homme depuis au moins 7000 ans. Mais le défrichement des hommes et les forges du Moyen Âge l’ont progressivement réduite jusqu’à cette peau de chagrin.

— Et quand arriverons-nous ? demanda Aya, qui s’ennuyait ferme et dont l’estomac gargouillait depuis un moment.

— Très bientôt, assura Olrik, dont la faim n’était pas en reste non plus.

Quelques minutes, plus tard, en effet, ils quittèrent la nationale, traversèrent le village de Plélan-le-Grand avant de s’engager sur une petite départementale refaite très récemment.

— Peux-tu nous parler un peu de ton grand-oncle, s’il te plaît ? demanda la jeune asiatique. J’avoue qu’il m’intrigue beaucoup, mais que je ne sais presque rien de lui, hormis que c’est un des hommes les plus puissants de la planète.

— Et tu n’es sans doute pas la seule, chér… Hum ! Theu ! Reuh ! répondit le jeune prodige qui eut soudain une quinte de toux des plus subites. Oui, je disais donc qu’Alex Portman a une vie déjà très bien remplie. Il possède une bonne partie des forêts de la planète, dont plus du quart de la forêt amazonienne, et plus de la moitié de celle-ci. Il a d’abord fait fortune dans le monde des affaires grâce à son entreprise multiservices qu’il créa dans les années soixante-dix. Il est multimilliardaire, très sympathique, et s’investit personnellement dans la cause environnementale depuis des décennies. D’ailleurs je crois que vous pouvez voir d’ici l’éolienne dernier cri alimentant le château qui dépasse des arbres, à droite.

Il désigna de son bras un point bien précis du paysage, et tous purent voir les pâles produisant une quantité d’énergie renouvelable non négligeable en ces temps de pénuries.

— Il a acheté le terrain et s’est fait construire un petit château bien confortable il y a huit ans. D’ailleurs, c’est là que j’habite moi aussi depuis que j’ai mon bac, c’est à dire depuis environ six ans. Au passage, je signale que j’ai passé mon Baccalauréat à l’âge de onze ans et que je l’ai remporté avec la mention très bien, ajouta-t-il, incapable de se taire plus longtemps à propos de ses propres qualités.





Quelques minutes plus tard, ils s’engagèrent sur un petit chemin très bien entretenu puis franchirent la grille d’une immense propriété. Elle était surmontée de tout un arsenal de surveillance. Ils parcoururent quelques mètres, la voiture s’immobilisa, avant de se faire emmurer par des plaques blindées d’acier renforcé par du titane et des nanotubes de carbone extrêmement résistants.

— Caméras à très hautes vitesses dotées de vision nocturne et infrarouge, se venta Olrik, qui avait vraisemblablement conçut le système de sécurité du domaine. Micros invisibles à large portée et à large spectre audio, scanner digital et rétinien avec détecteurs de chaleur, empreinte ADN nucléaire et mitochondrial, reconnaissance vocale et digicode inviolable car directement connecté à Sentinelle. Le tout alimenté en priorité par des énergies renouvelables, s’il vous plaît. Sentinelle se charge du contrôle automatique. Il y a encore d’autres choses, mais elles doivent rester top secret.

— Pas mal, commenta Maeva avec diplomatie. Un peu trop sécuritaire, peut-être.

— Un vrai concentré de paranoïa, répondit Aya d’un ton cassant, qui n’aimait visiblement pas se faire espionner, même si c’était par un « simple » super calculateur.

Olrik prit le tout pour des compliments.

— C’est l’endroit le plus sûr au monde, si on y vient avec de bonnes intentions, évidemment. Je vous conseille donc de vous retenir si vous avez des envies pressantes lors d’une ballade dans la partie domaniale de la forêt, on ne sait jamais ce qui se pourrait ce passer si vous vous écartiez des sentiers balisés.

Il avait parlé si sérieusement que les filles n’arrivèrent pas à deviner s’il bluffait ou s’il disait la vérité.

Ils parlaient de tout cela pendant que leur chauffeur se livrait à toutes les vérifications nécessaires pour faire pénétrer la voiture au-delà du sas de sécurité où ils étaient enfermés par mesure préventive par le système de surveillance. Le jeune prodige semblait avoir raison : il valait mieux avoir de 'très' bonnes intentions par ici.

Finalement, les murs blindés se rabaissèrent dans un chuintement feutré digne d’un film de science-fiction.

Le chauffeur retourna dans la voiture, apparemment très soulagé d’être toujours en un seul morceau. Ils reprirent leur route. La propriété devait être immense car la berline noire prenait de nombreux virages et gravissait de nombreuses collines.

— Si les bisons ne nous bloquent pas le chemin, nous serons au château dans moins de cinq minutes. Sinon il nous faudra beaucoup plus de temps, si nous voulons éviter de se faire charger par une mère que la voiture à séparée de son petit.

— Des bisons ? réagit Maeva.

— Grand-tonton Alex a fait venir des bisons européens spécialement de Pologne et de Biélorussie pour mener des programmes de réintroduction et de protection dans toute l’Europe. Mais ils ne sont pas assez nombreux pour l’instant car il privilégie la reproduction naturelle.

Il en resta là pour les explications. Heureusement, ils ne rencontrèrent pas l’ombre d’un bison et sortirent enfin de la forêt, découvrant enfin l’endroit où ils dîneraient et où ils dormiraient enfin pour la nuit.

Norvan et Olrik étaient habitués à ce spectacle, mais Maeva et Aya venaient ici pour la première fois, et cela se voyait sur leur visage ébloui.





Le château ressemblait en fait à un mélange harmonieux de château XIXème et d’un manoir, à quelques modifications près. Par exemple, le toit était entièrement recouvert de panneaux solaires et les murs extérieurs donnant au soleil étaient peint d’une peinture transformant l’énergie solaire en électricité.

— La chaleur est assurée par des tuyaux enterrés dans le sol ainsi qu’un système de ventilation spécial. Et la bâtisse est une des mieux isolés au monde.

En plus d’être une merveille écologique,  l’édifice s’étendait sur une surface équivalante à celle d'un terrain de football. Minimum.

Les murs qui n’étaient pas recouverts de peinture solaire révélaient qu’ils étaient constitués de grès rouge. Des dizaines de fenêtres étaient percées, et elles étaient sans doute dotées d’un double vitrage. Tout autour du château s’étendaient des jardins et des potagers soigneusement entretenus, protégés par une palissade pour éviter de se faire brouter par des bisons laissés en semi-liberté avides de nouvelles expériences gustatives.

Vers le soleil couchant s’étendait un splendide étang accueillant une impressionnante faune d’oiseaux aquatiques dans ses roseaux.
Le soleil déclinant laissait des reflets et des ombres enchantées sur l’édifice.

Bref, ce château était magnifique.

— Tu as vraiment de la chance d’habiter dans pareil édifice, dit Maeva au jeune prodige. Quel est le nom du château ?
Olrik eut un fin sourire.

Puisque nous sommes au milieu de la forêt de Brocéliande, et en hommage aux légendes arthuriennes, grand-tonton Alex a appelé cet endroit Kamelot.

Il eut un rire bref en voyant l’air incrédule des jeunes filles.

— Pff… Mais je préfère de loin la nourriture. On y trouve les meilleurs plats du monde, contrairement au camp militaire, où je me suis brouillé avec leur résidu de chef restaurateur.

Le garçon roux n’eut pas l’occasion de s’étendre sur le sujet, car leur berline noire s’arrêta enfin devant l’imposante et finement ouvragée porte de l’édifice.

Une femme approchant la trentaine les attendait au seuil de la porte, perchée au sommet des marches qui y menait. Les cheveux châtains, une taille lui permettant assurément de passer le premier examen pour entrer dans une équipe de basket. Elle portait un costume de garde du corps et le pistolet électrique ainsi que le neuf millimètres accrochés à sa ceinture n’étaient guère attrayant, et elle savait sûrement s’en servir. Heureusement, quand elle vit les jeunes gens, un sourire éclaira son visage farouche.

— Bonsoir les jeunes ! dit-elle. Vous avez passé un bon voyage ?

— Excellent voyage, Shamera, répondit Olrik avec un grand sourire. Mis à part une petite éruption lointaine qui failli nous faire rester au sol et un évanouissement soudain du commandant de bord du jet et de son second à dix mille mètres d’altitudes, tout s’est passé comme sur des roulettes.

— Tu te fiches encore de moi ?

— J’aimerais bien, répondit-il en avançant sur la rampe d’accès pour handicapés qui lui fit gagner la grande porte en même temps que ses amis. Tu ne te présentes pas aux nouvelles ?

Elle se tourna alors vers les deux jeunes filles quelques peu intimidées qui arrivaient à leur hauteur. Après une solide poignée de main pour chacune qui fit virer les sourires d’Aya et de Maeva en ce qui pouvait sembler à des rictus douloureux, elle en vient vite aux échanges d’identités.

— Veuillez m’excuser, je manque à la plus élémentaire des politesses dit-elle, confuse. Je suis Shamera Fim Dilek, engagée comme garde du corps, nounou et éducatrice aux bonnes manières du jeune impertinent qui vous a conduit jusqu’ici, et ce depuis dix ans. Mais j’avoue que la troisième mission fut un échec complet, et j’ai depuis longtemps perdu espoir de lui apprendre les gens ayant un QI inférieur au sien. Mais rentrons plutôt pour le repas, vous vous présenterez ainsi à Alex Portman.

Puis elle jeta un œil derrière les très jeunes femmes.

— Allez Norvan ! Ne traîne pas les pieds. Alex vous attend tous les quatre dans la salle à manger pour le repas du soir. Allez viens ! Je sais que tu adores la cuisine du château.

Norvan pressa le pas, mais il ne souriait pas. Certes, la chère de Kamelot était excellente, mais il était très anxieux à l’idée de revoir Alex Portman. Ce type le mettait horriblement mal à l’aise, et ça ne risquait pas de s’arranger avec les résultats des tests ADN qu’Olrik serait obligé de communiquer à son grand-oncle dans les deux. Olrik s’en fichait, mais le jeune homme blond et muet craignait la réaction des ses amies. Il avait peur qu’elles ne découvrent la vérité.




Ils pénétrèrent ensuite dans le château et Shamera les guida à travers les différents couloirs de l’édifice. La décoration variait énormément d’une pièce à l’autre, pouvant passer d’un style futuriste avec une technologie de pointe à un style médiéval avec des « boîtes de conserves » ( c’est l’expression qu’utilisait Olrik pour qualifier les armures ) que portaient les chevaliers d’antan.

Finalement, au bout de d’une dizaine de minutes, après qu’Olrik se vérifia sa santé, tout le monde pénétra dans la petite salle à manger du château et s’assit autour d’une longue table en bois de chêne habilement sculptée. Aya se dit qu’Alex Portman avait beau être un écologiste convaincu, il n’abandonnait néanmoins pas son confort de vie, le tout sans renier ses convictions de protection de la planète.
La jeune fille constata toutefois que le propriétaire des lieux était encore plus en retard qu’eux. Trente secondes plus tard, il entra d’un pas pressé dans la pièce.

— Bonjours à tous. Désolé pour ce léger contretemps, mais j’étais retenu pour une affaire d’extrême importance.

Il s’assit pile entre Olrik et Shamera dans une des chaises doublées de velours. En face d’eux se trouvaient Norvan, Aya et Maeva. Il devait avoir déjà avoir été informé de l’allongement des oreilles de Norvan car il ne jeta qu’un simple coup d’œil à l’intéressé.

Le grand-oncle prit la parole alors qu’un employé du château leur servait l’entrée.

— Alors, mesdemoiselles ? demanda-t-il, le regard tourné vers les deux jeunes filles. A qui ai-je l’honneur ?

Ce fut Maeva qui commença.

— Maeva Malvac-MacArthur, dit la jeune fille rousse. Je crois que vous connaissez mes parents.

— En effet, répondit le vieil homme après avoir avalé sa première bouchée de salade. Votre mère siège au conseil d’administration de Sentinelle et votre père était à bord du chalutier breton. Je me suis arrangé pour que vous parliez au capitaine survivant demain matin.

— Merci beaucoup, monsieur Portman, fit Maeva la gorge serrée.

Le milliardaire eut un sourire bienveillant.

— Ce n’est rien. Votre père et moi sommes de très bons amis, même si je ne vous avais jamais rencontré auparavant. Et vous, jeune fille ?

Aya finit précipitamment d’avaler ce qu’elle était en train de mâcher, gênée. Elle dévisageait Alex Portman depuis son arrivée, et son regard allait du vieil homme à un objet situé juste derrière lui et à son ami muet, attablé juste à sa gauche et baissant la tête depuis l’arrivée de leur hôte. Olrik se tourna et repéra l’objet en question. Il adressa un sourire entendu à la jeune fille aux yeux bridés.

— Aya Ajima, dit-elle. Et je pense que vous avez un peu entendu parler de ma famille ces temp-ci.

— En effet, confirma l’homme. J’ai vu votre mère aux informations lors de la catastrophique Conférence de l’Élysée. Et d’après certains de mes collaborateurs, votre père est un marocain dirigeant une entreprise de biotechnologies. N’est-ce pas ?

— Tout à fait, acquiesça Aya. Excusez-moi, monsieur, mais puis-je vous poser quelques questions d’ordres… personnels, voire familiaux ?

Alex Portman haussa un sourcil surpris.

— Posez votre question, je pourrais toujours vous dire si elle vaut une réponse.

La jeune fille se tourna alors vers Olrik.

— Peux-tu aller chercher la photo ? S’il te plaît ?

Norvan, s’arrêta brusquement de mâcher. Il releva la tête et vit que son ami se dirigeait vers la photo. Il déglutit avec difficulté puis il se força à se concentrer sur le contenu de son assiette.

Tout le monde s’arrêta de manger et la plupart des convives regardèrent le jeune prodige rouler vers un meuble bas sur lequel étaient posée une multitude de petites photographies encadrées. Le garçon roux en pris une et la fit passer à sa garde du corps, qui y jeta un coup d’œil avant de la transmettre à Maeva, laquelle regarda aussi la photographie avant de finalement la donner à Aya. La jeune fille sourit en constatant que son hypothèse n’était pas si absurde, après tout.

Au dehors, on voyait le ciel se colorer d’un orange crépusculaire et surnaturel, probablement causé par quelques particules volcaniques provenant de l’éruption d’aujourd’hui.

Elle tourna le document vers Alex Portman afin que celui-ci l’ait bien en vu.

— Savez-vous qui est sur cette photo, monsieur ? demanda-t-elle.

Fait rare sur un document aussi ancien, la photographie était en couleurs. On y voyait un jeune homme aux longs cheveux blonds aux yeux bleus posant au sommet d’une immense dune de sable. A l’arrière plan apparaissait une forêt de pins maritimes qui s’étendait à perte de vue.

— Bien sûr, répondit le vieux milliardaire. C’est moi lors de vacances dans les landes, il y a de cela des années. Elle a été prise l’été où je reçus mon Baccalauréat, sur la dune du Pilat. Puis-je savoir ce que signifie tout ceci ?

— Je demande à chacun d’imaginer le jeune homme de cette photographie avec des cheveux nettement plus courts et avec des yeux verts, lança Aya à la cantonade.

Alex Portman fronça les sourcils. Maeva plissa les yeux, essayant de se représenter à qui son amie voulait faire allusion, Shamera faisant de même que la jeune fille. Olrik sourit devant la perspicacité de son… amie. Décidément, la jeune fille lui plaisait. Avec un petit quelque chose en plus qu’il n’arrivait pas à décrire.

Quant à Norvan, il sentait un immense mal de tête arriver au grand galop. Et ce n’était pas la situation dans laquelle il allait se retrouver qui aurait arrangé les choses.

Aya donna un indice.

— Imaginez-le avec des oreilles pointues…

— Mon Dieu ! s’exclama la garde du corps qui venait de comprendre. Non ! C’est impossible !

— Oh que si ! répliqua Olrik.

— Si quelqu’un voudrait bien m’expliquer… dit le multimilliardaire, affichant un faux air d’incompréhension avec difficulté.

Maeva avait aussi tout compris.

— Alex Portman ressemble trait pour traits à …

'Bom' !

— Norvan ! s’exclama la jeune fille rousse, qui se précipita vers son ami tombé de sa chaise sur les tapis persans de la petite salle à manger du château.

Pris d’un brusque malaise, il s’était effondré d’un coup, sans que personne ne puisse le retenir. Le mystérieux signe tatoué sur la main du jeune homme muet se révélait de nouveau, irradiant une lueur verte. Sous son T-shirt, on voyait sa Pierre éclairer au point qu’une puissante lumière passer entre les mailles du vêtement.

Maeva posa une main sur le front de son ami.

— Il est brûlant ! commença à paniquer la jeune fille, qui ne souhaitait pas du tout montrer ses facultés secrètes au multimilliardaire.

— Ouvre-lui les yeux et retire-lui ses lentilles ! ordonna Olrik, qui contournait la table pour rejoindre son ami à terre, peinant à avancer avec sa chaise roulante sur les moelleux tapis persans.

— Hein ? fit Maeva, qui ne comprit pas pourquoi le jeune prodige parlait soudain de nourriture.

— Retirez les lentilles de contact de Norvan avant qu’elles n’irritent ses yeux !

Aya avait déjà compris et ouvrit les paupières du jeune homme inconscient. Elle retira en veillant à ne par toucher les yeux sensibles de Norvan deux lentilles souples qui teintaient les iris de son ami en vert.

Deux secondes plus tard, les yeux bleus du jeune homme blond se révulsèrent et un voile vert les recouvrit.
Elle se tourna alors vers Shamera, qui avait sortit son téléphone portable en un temps record.

— Ça devient vraiment grave ! cria la jeune fille à la garde du corps. Il faut avertir les secours !

— J’appelle la base militaire, répondit la femme en entrant un numéro qu’elle avait mis en mémoire.
-_-_-__-_-_-_-_-_-_
Voilà !
A vos claviers !

Répondre

Posté par Kikart le 14-01-2008 à 23:00
Avatar de KikartQuelle beauté ! Je suis toujours aussi impressionné par tes dons d'écrivain ! Ce chapitre est somptueux :D

Descriptions parfaites, humanisation des personnages excellentes, on se les représente avec aisance. Pour ce qui est des lieux, toujours parfait, je visualise très bien la scène !


J'ai tout de même été déçu par l'atterrissage de l'avion: Olrik tire sur la manette et à la ligne suivante, tout est finit. On ne sait pas s'ils ont subi des chocs lors du freinage, si tout s'est 'bien passé'. J'aurais bien vu les trois passagers valdinguer dans l'appareil sous la violence de l'atterrissage mais non ^^

Au contraire, une entrée que j'ai trouvé particulièrement réussit est celle du château. 5 minutes de route en voiture, faut le faire, mais alors les bisons... en plus je me représentais la scène avec un Olrik très modeste... ça m'a fait éclaté de rire ! Le système de sécurité du château aussi ^^


Sinon... je fais mon boulot:
'les mots avaient un bien étrange pourvoir...' => pouvoir, non pourvoir.

'des colonnes de dizaines de millions de migrants' => Arf, un peu lourd comme phrase avec les 'de'. Tu pourrais dire 'une quantité infernale de migrants', ça allège le style tout en gardant le sens.

'la piste d’atterrissage' => deux fois atterrissages, répétition ^^

'placé à la place' ==> pareil, 'installé à la place' serait plus judicieux (bien que...)

'Le jeune prodige semblait raison' => semblait avoir raison.

'la chère de Kamelot était excellente' => ok j'ai rien dit, merci pour l'explication :)


En conclusion, j'ai dévoré ce chapitre tellement vite que je ne m'en suis pas rendu compte ! Merci pour cette fabuleuse demi-heure de passée, vivement la prochaine :D


EDIT: pour les 5 minutes de route en voiture, je parlais de ça:
'nous serons au château dans moins de cinq minutes.'
Ca fait beaucoup quand même oO

Répondre

Posté par Triss le 22-01-2008 à 14:50
@Kikart

Rien à dire sur les compliments, sinon, je vais manquer de modestie.^^

Pour ce qui est des lieux, je ne fait que raconter en détail ce que je vois dans ma tête. Et croyez-moi, c'est pas de la tarte !

Atterrissage parfait : Ben quoi ? Qu'est-ce que tu leur reproche ? J'allais quand même pas les tuer !Oo
J'ai préféré mettre l'accent sur l'humour de la situation.

5 minutes de route en voiture : tu parles du temps que tu as mis pour lire cette partie ? Pour les bisons, c'était pour la petite touche d'originalité.

Olrik modeste ? Ben voyons !^^ nan. En fait, il est tout sauf modeste, mais peut-être qu'il finira par se calmer...

J'ai corrigé ce qui était nécessaire.
Sinon, je te signale que la 'chère' signifie 'nourriture, mangeaille, graille, boustifaille'. J'ai pas pris la définition dans les dico, mais j'ai vérifié l'orthographe du mot et tout est OK.

@ TOUT LE MONDE

Voilà, depuis le dimanche 6 janvier 2008, mon ordinateur est officiellement en panne avec 3/4 chapitres non imprimés à l'intérieur.
Non, n'hurlez pas à la mort tout de suite, je vais vous expliquer.
En fait, il s'éteint juste au moment du démarrage. Je sais, c'est pas pratique. Mais le reste du disque semble sain. Je suis donc en train de me décarcasser pour extraire les fichiers vitaux.
Pour l'instant, je continue l'histoire avec le même rythme de publication.

Voil@!
C'était tout pour le moment !
@+!

EDIT
L'ordi remarche et je suis en train de m'arranger pour recevoir les données.
Sinon, voici le chapitre 8 sans tarder. Cette fois-ci, retour à Antaris (la cité).

Au fait, je met ici une note en bas de page que vouys comprendrez mieux en lisant:
  ''Tchar' est un super juron sur Endertyl, puisqu’il signifie à la fois zut, saperlipopette, saperlotte, flûte, m****, p*****, etc. On risque donc pas de se faire traiter de malpoli. Pratique, non ?'


Bonne lecture !

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

CHAPITRE 8 : Escapade Nocturne

Norvan

'Je ne suis plus sur Terre. Je suis bien passé par l’univers originel, par Antaris, mais ça s’est passé si vite…

Je vois, mais pas avec mes yeux.  J’entends, mais ce n’est pas par mes oreilles. Je sens, mais pas avec mon odorat. Je sens, mais pas avec ma peau. Et ce n’est pas non plus avec mon goût que je sens la salive qu’avale un corps qui n’est pas le mien.

Il faut se rendre à l’évidence : je suis dans le corps d’un autre, ou plutôt d’une autre, réduit au simple rang de spectateur.

Elle vient de se rendre compte que je suis lié à elle.

Heureusement pour nous, nos pensées étaient provisoirement interconnectées. C’est assez déroutant au début ; elle n’était même pas humaine. Après Antaris - l’univers originel - et Avalon, voici alors la République d’Antaris sur Endertyl, et sa capitale Antaris. Ce nom semble vraiment très important.

La leïkof me posa alors une question mentale, et je découvris alors quel esprit j’avais involontairement investi.'




J-10


Cité d’Antaris, Antaris (Endertyl).


Un petit groupe se faufilaient dans les sombres ruelles de la ville. Rasant les murs, ils profitaient des taches d’ombres épargnées par la semi-obscurité offerte par deux lunes remplies aux trois quarts, qui les rendaient beaucoup trop visibles, malgré leurs capes noires.

La nuit était tombée depuis quelques minutes à peine, il restait encore quelques habitants dans les rues et l’air était encore agréable. Il valait donc mieux se faire discret quand on risquait de se faire arrêter.

Soudain, une des silhouettes passa la tête derrière le coin d’une maison, là où passait une rue d’avantage fréquentée. Alors qu’elle se concentrait sur une patrouille de soldats qui s’éloignait d’eux, une autre des silhouettes avança sans aucune précaution hors de la cachette, sur la rue pavée.

Tout à coup, le leptys de la Tour, qui était jusque là redevenu invisible, se révéla pendant une fraction de seconde, illuminant Antaris aussi sûrement que le soleil.

La personne étourdie fut brutalement tirée vers l’arrière par une poigne sévère, dans l’ombre protectrice des petites ruelles de la cité, puis quasiment plaquée sur un mur. Elle ne put s’empêcher de lâcher un petit cri de surprise. Kayn, qui était en fait la silhouette qui faisait le guet, se plaqua au mur, le dissimulant d’un soldat monté sur un isket qui avait l’oreille un peu trop fine et qui se retourna à ce moment là.

— Non mais fait un peu plus attention, Lanella ! murmura furieusement l’ombre qui l’avait sauvée.

La leïkof cligna des yeux et se prit la tête entre ses mains. Apparemment, quelque chose l’avait complètement déconcentrée.

— Excuse-moi Etryl, chuchota-t-elle, je ne sais pas ce qui m’a pris. Désolée.

— Est-ce que ça va ? s’inquiéta Ryfla.

— Oui oui. Ça va, assura Lanella.

Le petit groupe se remis alors en route. Le jeune Iron jetait souvent des coups d’œil à la fourkpel, serrant quelque chose dans sa poche.

“ Arrête donc de t’extasier devant tout ce que tu vois, Norvan ! ” s’énerva la leïkof tandis qu’elle suivait docilement les autres. “ Tu as failli nous faire repérer ! Tu ne peux vraiment pas sortir de mon esprit ? ”

“ Je suis vraiment désolé ”, répondit le jeune homme, “ mais je ne sais même pas comment j’y suis entré ! Il va falloir demander de l’aide …”

“ D’accord ”, abdiqua-t-elle en resserrant le col de sa cape. “ Je vais en parler aux autres dès que nous serons à l’abri des oreilles indiscrètes et que nous risquerons un peu moins notre peau.”

“ Est-ce que je pourrais te parler un peu ? ”

“ Oui, mais évite de me déconcentrer. Car si je me fais tuer, ta conscience moura avec moi.”

“ Réjouissant ”, commenta Norvan. “ Mais j’ai compris le message. ”

“ Heureusement pour nous ”, dit la leïkof alors qu’elle se dirigeait vers une maison cossue d’un style que Norvan aurait qualifié de moyenâgeux. “ Pénétrer dans l’esprit d’un Durnakan sans son accord représente une terrible violation de son intimité. J’aurais du te faire mentalement du mal avant de t’expulser. Mais comme tu es entièrement novice et que je t’aime bien, je passe l’éponge pour cette fois-ci. Ton esprit risquerait de ne jamais réintégrer ton corps et tu errerais dans le vide jusqu’à ce qu’il meure. ”

“ Alors je suppose que je dois te dire merci… ”

“ Et c’est le cas. ”

Lanella et ses amis contournaient le bâtiment.

“ Merci ”, dit simplement le garçon.

Lanella se dit alors que c’était une bonne chose qu’elle ait été investie par quelqu’un qui ne tournait pas autour du pot. Norvan apprécia la remarque, mais n’osa pas déranger son hôte provisoire. Et il fit bien.

Quelques instants, plus tard, il s’arrêtèrent devant une porte, derrière le bâtiment. Etryl essaya de l’ouvrir, mais elle était verrouillée. De la lumière provenaient des fenêtres du premier étage. Kayn sortit d’une de ses poches une clé passe-partout que lui avait offerte Rush il y avait longtemps.

— Tu n’es pas sérieux ? souffla Iron au sherkynn noir. Il y a sûrement quelqu’un à l’intérieur.

— Justement, répliqua Ryfla. C’est la maison du docteur Ravano Moriafon. Il doit donc y être.

— Il n’y a donc aucun risque ? demanda Lanella, perplexe.

Kayn déverrouilla alors la porte et l’ouvrit en grand vers l’intérieur de la bâtisse. Il n’y avait personne qui les attendait. Puis il escalada rapidement le mur, regarda au premier étage par une des fenêtres éclairées, avant de redescendre informer ses amis.

— Il n’y a que le professeur, chuchota-il, et il dort sur un divan comme un gros bébé. On dirait qu’il a cuvé une partie de sa bière.

— Tant mieux, fit Ryfla. Au moins, il aura les idées claires quand on lui montrera la facture.

“ Quelle facture ? ” demanda mentalement Norvan à son amie.

Lanella lui expliqua alors l’histoire- toujours mentalement, pour ne pas être prise pour une folle parlant toute seule, quand même -, lequel accueillit le tout dans un grand éclat de rire, faisant sourire la leïkof.

Pendant ce temps, Etryl s’inquiétait pour quelqu’un.

— Rush n’y est pas ? questionna-t-elle.

— Apparemment non, dit le sherkynn.

— Mais où est-il alors ?

— Aucune idée.

Elle se tourna alors vers la larfen.

— Je croyais qu’il devait nous rejoindre ce soir.

— Moi aussi, fit Ryfla, mais apparemment, pour une raison que nous ignorons, il a dû être sacrément secoué par la mise au point de ce matin.

Iron allait dire quelque chose, mais Kayn s’impatientait.

— Bon, on y va ?

Ils pénétrèrent donc dans une pièce un peu sombre qui était de toute évidence carrelée, bien que la faible lumière y pénétrant ne permette pas d’y voir toutes les couleurs qui n’auraient pas manqué flamboyer à la lueur du jour. Ryfla fermait la marche et referma prudemment la porte parfaitement huilée sur ses gonds derrière leur passage. On ne devait surtout pas repérer leur intrusion. Puis ils se dirigèrent vers des escaliers éclairés depuis l’étage. Ils pénétrèrent alors dans un petit salon confortablement aménagé, même si Norvan constata un peu malgré lui qu’il n’y avait qu’une bonne cheminée pour les froids hivers de la région au lieu d’un ensemble home cinema.

“'Tchar' *, Norvan ! ”jura mentalement Lanella en évitant au tout dernier instant une poutre traîtreusement basse, arrête donc un peu de comparer nos différences technologiques ! J’ai déjà failli rater une marche en montant ici, alors ce n’est vraiment pas le moment !”

Le jeune homme ne dit rien pour ne pas déconcentrer davantage la ghenak loutre, mais celle-ci sentit qu’il avait compris.

Ils avancèrent au milieu du salon, entre la cheminée et un divan en osier où étaient déposés de douillets coussins couleur paille. Et sur le divan en question, un klar replet au pelage gris qui devait avoir la quarantaine était enveloppé par de moelleuses couvertures.

Il ronflait bruyamment sans doute vaincu par la fatigue et l’alcool. Il dormait très profondément, sa longue queue s'agitant de temps à autres en fonction des rêves de son propriétaire.

— C’est… lui ? demanda Iron, qui fronçait le museau de dégoût, son odorat ultrasensible détectant de loin l’haleine fétide et imbibée d’alcool du dormeur.

Ses amis le sentirent aussi et avaient heureusement un nez moins développé, ce qui ne les empêcha pas de faire une drôle de tête.

— Oui, répondit finalement Kayn. C’est bien le professeur Moriafon. Il va falloir le réveiller.

Il s’approcha du dormeur pour le secouer, quand Lanella le retint. Norvan et elle avaient eu au même instant une idée à la fois folle et géniale.

— Attends, dit-elle. Ce type doit bien une ardoise de plus de dix mille tradics à la taverne, non ?

— Euh… En effet, répondit le sherkynn au pelage d’un noir de nuit sans lune, qui se demandait où sont amie voulait en venir. Et alors ?

La leïkof tira alors d’une poche un objet qu’elle déplia soigneusement. C’était un sac en papier qu’elle avait récupéré en chemin lors de leur partir de cache-cache avec les soldats dans les ruelles de la cité.

— Alors je dis qu’il a un moyen simple, rapide et efficace pour réveiller celui qui doit sauver la vie de mon parrain et de ton tonton.

Elle gonfla alors le sac à bloc et referma hermétiquement l’ouverture. Ses amis sourirent.

— C’est du délire total, pouffa le jeune Iron. Alors je marche à fond avec toi.

Kayn, Ryfla et Etryl acquiescèrent.

— Très bien… fit Lanella, le regard espiègle.

Elle s’approcha à pas feutrés du médecin ivrogne et rapprocha le sac des oreilles ultrasensibles du klar.



'Pam !'



Le professeur Moriafon bondit jusqu’au plafond sous l’effet de la surprise avant de retomber sur les coussins dans un grand 'pouf !' Le ghenak rat était on ne peut plus réveillé.

— Qu’est ce qui se passe ? s’écria-t-il, complètement paniqué, le poil de la nuque hérissé.

Son regard se posa alors sur le ghenak écureuil.

— J’espère pour toi que tu as une bonne raison pour me réveiller ainsi au milieu de la nuit, Kel Filik, dit-il d’une voix un peu éraillée.

Kayn désigna alors de sa main droite Lanella.

— Ce n’est pas à moi que tu dois t’en prendre, Ravano. C’est ma nouvelle amie qui a trouvé ce moyen très… rapide pour te réveiller.
Le professeur se redressa péniblement sur son divan et se passa un main sur le visage en marmonnant.

— Eh ben, il est très efficace, ce moyen, maugréa-t-il. Tellement efficace que j’ai bien failli faire une crise cardiaque.

Des bruits de pas précipités les firent alors tous se tourner vers l’escalier.

— Papa ? T'es là ? héla une voie masculine.

Soudain, un jeune klar portant un uniforme des militaires de la ville surgit dans la lumière du salon. Une épée à la main.

Maeva et Iron, firent face, l’une dégainant sa lame et l’autre portant ses mains aux couteaux glissés à sa ceinture. Le soldat fronça ses sourcils avant de se mettre en position de combat. Lanella fit de même, souhaitant en finir avant qu’il avertisse ses petits copains.
Alors que chacun allait se jeter sur l’autre, Kayn se plaça entre les trois ghenaks.

— Bonsoir Joran, dit poliment Kayn au soldat. Laisse moi te présenter mes deux nouveaux amis. Excuse leurs manières un peu brusques, mais ils ignoraient que tu es dans notre camp.

Il se mit alors de sorte qu’il puisse regarder les trois ghenaks rien qu’en tournant la tête. Chacun rengaina ses armes, gênés. La leïkof remarqua alors qu'il avait aussi une fourrure aussi grise que celle du docteur et le même menton volontaire, mais pas double.

— Donc, Jaron, voici la leïkof Lanella Nihl Terek, fille cadette de l’Empereur d’Ottaviana et le jeune larfen Iron Bam Noerak. Lanella et Iron, voici Joran Moriafon, fils de Ravano Moriafon, soldat d’Antaris rallié à notre cause depuis le début de la rébellion. Enfin, je devrais plutôt dire depuis la création du Mouvement Démocratique pour la Libération d’Antaris, ça fait moins « terroriste ».

Jaron tendit une main et sera vigoureusement celle de Lanella.

— Chuis désolé pour l’épée et l’uniforme, mais j’venais juste d’finir mon service pour rentrer ici quand j’ai entendu une détonation v’nant d’chez nous. Voyant qu’la fenêtre était ouverte et de la lumière, j’ai accouru.

La leïkof se maudit intérieurement de son étourderie.

“J’avais complètement oublié la fenêtre !” transmit-elle à Norvan.

“Une chance que ce ne soit pas une personne loyale à cet Ortio Deca Fehinek qui localisa la détonation, commenta le garçon, parce que sinon, on était fichu.”

Elle expliqua alors la plaisanterie qu’elle avait réalisée pour réveiller à coup sur le professeur, lequel se leva et marcha péniblement jusqu’à son fils.

— Une blague de très mauvais goût, dit-il à celui-ci. Si tu veux mon avis. Ça ne se fait pas de réveiller quelqu’un qui…

C’est alors que le klar trébucha sur un tapis et tomba sur son fils, qui ne réussit pas à retenir une masse trop imposante pour lui.

Ils s’écroulèrent tous les deux au sol. Les Durnakans étaient pliés de rire, Lanella refermant l’indiscrète fenêtre.

Jaron aidait son père à se relever, se mordant les lèvres pour ne pas rires comme ses amis.

— Je ne vois pas ce qu’il y a de si drôle ! se vexa le docteur. Et puis pourquoi faites-vous irruption chez moi, comme ça, sans me prévenir ?

Ryfla déroula le « parchemin magique » et le tendit aux klars.
Leurs yeux s’agrandirent d’effroi devant le total figurant au bas la facture.

Hébétés, ils s’affalèrent dans un bel ensemble sur le divan en osier, laissant tomber le document que la ghenak loup s’empressa de récupérer.

— Il serait temps de régler, signala Etryl.

— 11268 tradics… réagit enfin le jeune klar. Mais où voulez-vous qu’nous trouvions une telle somme ? Depuis q’papa s’est mis à boire après la mort d’maman, presque plus personne n’veut le consulter et ma solde suffit à peine pour nous nourrir.

Il désigna le salon d’un bras.

— Tout c’que vous voyez ici date d’avant la disparition d’maman et a été hypothéqué jusqu’au moindre bibelot. La maison n’l’est pas encore, mais si v’nous forcez à vous payer…

Il leva des yeux suppliants sur son ami sherkynn.

— Kayn… Nous sommes amis d’puis tout p’tit. Tu n’peux pas nous faire ça…

— Oh mais si ! intervint Etryl. Il le peut parfaitement ! Sauf qu’il ne le fera pas. Allez ! Dis leur, Lanella.

La leïkof s’assit à côté d’eux pour leur expliquer.

— On va faire un marché, commença-t-elle.

— Quel genre de marché ? s’alarma aussitôt Ravano Moriafon.

— Nous avons deux personnes malades…

— Et vous voudriez que je les guérisse ? C’est ça ? compléta le docteur en se redressant.

— Tout à fait, confirma Lanella. Et en échange, l’ardoise sera entièrement effacée.

Le klar et son fils retrouvèrent à peu près contenance.

— Donc en échange de soins gratuits, vous effacerez toutes nos dettes ? demanda Jaron.

— Uniquement celles contractées envers la taverne, précisa Kayn. Et aussi à condition que tu ne boives plus une goutte d'alcool.

Le jeune klar échangea un bref regard avec son père. La proposition était très tentante. Les Durnakans étaient silencieux, attendant leur décision.

— C’est d’accord, lâcha-t-il.

Il se releva, Lanella aussi.

— Alors allons-y, déclara la ghenak loutre.

Mais le ghenak rat de dirigea vers la cuisine tandis que son père s’asseyait autour de la table à manger présente dans la pièce.

— Attendez un peu, mon père et moi n’avons rien mangé depuis des heures.

— Mais nous devons y aller tout de suite ! protesta Lanella.

— Ça ne sera pas long, affirma Ravano. Et puis c’est mauvais pour la santé de courir le ventre vide.

“Il a raison”, s’en mêla Norvan. “Et puis je sens que tu n’as pas mangé depuis longtemps toi aussi.”

Kayn regarda Etryl, Ryfla et Iron, lesquels hochèrent la tête et rejoignirent le docteur à la table.

— Ne me dites pas que vous allez aussi manger ! s’exclama la leïkof.

— Désolé, répondit Iron. Mais moi je n’ai pas du tout envie de me faire attraper si nous devons échapper à une patrouille dans la cité. L’état de santé de nos deux malades est stable et Lissly veille sur eux.

— En plus, ajouta la fourkpel, Jaron est un vrai cordon bleu. Tu pourras le constater si tu restes manger un morceau avec nous.

“Un cordon bleu ?” renchérit le garçon. “J’aimerais bien connaître le goût de ce qu’il a à nous proposer. Allez, s’il te plaît, Lanella !”

Lanella poussa un soupir de résignation, puis se joignit aux autres convives. Craignant pour son parrain dans le coma et à l’oncle adoptif de Kayn qui n’était sans doute pas en meilleur état.

— Bon d’accord, se rendit-elle. Je reste persuadée que c’est une mauvaise idée, mais je ne compte pas risquer ma peau toute seule dehors.

— Tu ne t’en plaindras pas, fit Ryfla, rassurante.

La leïkof aquiesça machinalement, espérant qu’elle ne regretterait pas sa décision.

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Et voil@ !
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Répondre

Posté par ice-cream le 18-01-2008 à 13:49
Avatar de ice-creamJe suis de retour ^^

Eh bien, la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est ceci : je viens de lire le meilleur chapitre de ta fic !

J'ai rarement vu un chapitre où il y avait autant de choses ; descriptions, dialogues prenants, humour...Bref, c'était vraiment super!

J'ai bien aimé le titre du chap, bien qu'il n'a pas de réel sens,  et l'intro. Les 3 gardes parmis les millions sont assez courageux, et le fait qui sauve la princesse est assez bien imaginé (quoi que, asse