Posté par Triss le 22-09-2007 à 10:50
101°message^^
Mais ce n'est pas à cause du nombre qu'il faut fêter celui là, mais plutôt grâce au retour des Mondes d'Antaris dans sa 'saison 2' (lol comme à la télé ! ) ou partie 2. Juste avant le chapitre 2.1, vous avez le résumé de la 'saison 1' ^^. Jetez y un coup d'oeil avant, SVP.
Au fait, j'ai fait quelques fautes, mais pas moyen de les retrouver. Aidez-moi à les retrouver SVP!
Et aussi, une bonne partie du chapitre 1 est écrit à la première personne, ne soyez donc pas trop surpris.
--==--==--==--==--==--==--==--==
RESUME DE LA PARTIE 1
Depuis toujours, il existe une infinité d’univers parallèles au nôtre. Des univers où Elvis Presley n’aurait ni abusé du beurre de cacahuète, ni de la drogue, ni du beurre de cacahuètes, par exemple, où le 'Titanic' n’aurait pas eu de flirt poussé avec un iceberg, etc… Mais bien que ces univers soient si proches du nôtre, il est a priori impossible d’y aller.
Ainsi, dans une variante de nôtre univers et appelé Terre, une histoire incroyable s’y déroula à partir d’août 2017.
A cause du changement climatique, un ouragan très violent appelé Clara par les scientifiques ayant fait plusieurs centaines de morts en traversant la mer des Caraïbes, le Golf du Mexique et la Floride se dirigeait tout droit sur les pays de la Fédération Eurasiatique (FEA), dont faisait partie la France.
Au large de la Bretagne croisait un Chalutier nommé Poisson-Volant, reconvertit pour le compte de l’Alliance des services de Surveillance des Territoires Eurasiatiques (ASSTE). Un de ses membres, Marc Malvac - un français -, supervisait dans un but mystérieux l’exploration des fonds sous-marins en collaboration avec le capitaine du navire, Henry Perlman. Après plusieurs jours de recherches infructueuses, mis à part une petite statuette sans grande valeur, Marc convoqua le capitaine dans sa cabine pour lui faire une proposition – ou le faire chanter, c’est selon - : soit il payait très cher le fait d’avoir livré des informations classées au MI-6, soit il acceptait de faire partie de l’expédition qui partait prochainement à la recherche de la cité d’Antaris, située dans un monde parallèle et abritant un super calculateur capable de sauver des millions de gens en prévoyant les grandes catastrophes naturelles secouant la Terre. « James Bond » empocherait aussi beaucoup d’argent, et comme il n’avait pas vraiment le choix, il accepta la seconde proposition.
C’est alors qu’ils découvrirent enfin ce qu’ils cherchaient : un coffre contenant deux pierres rayonnantes aux propriétés mystérieuses. L’une était verte, l’autre violette. Alors qu’ils allaient s’emparer des pierres, un étrange animal, mi-écureuil, mi-renard subtilisa le joyau violet. L’effroyable cyclone arriva alors sur le bateau, projetant le capitaine dans une mer déchaînée. En un instant, le Poisson-Volant disparut dans un flash vert.
A Terre, une conférence de presse sur Clara réunissant Pascale Perrin, nouvelle présidente française, Mayko Ajima, de Météo Europe et Carolyn Lloyd, présidente de la FEA a été organisée au sein de l’Élysée dans le but de rassurer la population.
Juste avant la conférence, un incident se produisit dans une base fédérale en Bretagne, déchaînant les médias : un énorme rayon lumineux venant tout droit des profondeurs de la base s’en échappaient vers le ciel, se transformant en une gigantesque Aurore « polaire »… qui enveloppa toute la planète. En plus toute la vallée du Rhône fut privée d’électricité à cause d’un court-circuit d’origine inconnue.
Les présidentes calmèrent le jeu en affirmant qu’elles ne savaient vraiment pas comment cela était arrivé, mais elles en profitèrent pour dévoiler une partie du programme Sentinelle. Dans la même base se trouvait un super calculateur sous la responsabilité de l’explorateur et homme d’affaires Alex Portman et du jeune - et impertinent - prodige Olrik Berek. Ce super calculateur avait permis de créer un modèle prédisant la trajectoire de Clara et de ses conséquences.
Mais la diffusion du modèle ne rassura pas pour autant la population. Et pour cause : le cyclone se renforçait de seconde en seconde dans les eaux exceptionnellement chaudes de l’Atlantique, inaugurant au passage avec ses bourrasques à plus de cinq cents kilomètres heure la catégorie 6 et allait ravager la moitié ouest de l’Europe.
C’est à ce moment là que la pierre verte se manifesta. Une onde de choc partant de la Tour Eifel anéantit tous les systèmes électriques et de télécommunication, avant de se faire repousser par une mystérieuse pellicule blanche se répandant au sol et venant de Bretagne. La pierre se réfugia au cœur de l’ouragan.
En Turquie, un attentat terroriste non revendiqué détruisit un barrage dans la vallée du Tigre après avoir provoqué un énorme tremblement de terre.
Parallèlement, dans un autre monde nommé Endertyl, sur la planète du même nom, avec deux lunes, d’autres évènements étranges se produisirent. Dans cette univers radicalement différent du nôtre, les « extraterrestres » sont aussi intelligents que les humains, mais ils ont l’apparence d’êtres humains avec une tête, une fourrure et une queue d’animal et forment le peuple ghenak, divisé en différents Etats, dont l’Empire d’Ottaviana et la République d’Antaris ( leurs capitales ont les mêmes nom que celui de leur pays respectif ). Leur niveau technologique est assez moyenâgeux, même s’il existe quelques exceptions.
C’est donc dans cette univers que voyageaient deux ghenaks loutres ( aussi appelés leïkofs ), deux guerriers : Latrel Thran Mek, parrain et maître d’armes de sa compagne de voyage, Lanella Nihl Terek, princesse et fille cadette de l’Empereur d’Ottaviana, Durnakan ( ce qui signifie « porteur ou porteuse de pierre » dans la langue locale ) en mission diplomatique.
Mais des brigands mercenaires à la solde du gouvernement corrompu d’Antaris les attaquèrent. Latrel fut violemment assommé et Lanella fut en fâcheuse posture jusqu’à ce qu’un mystérieux sherkynn se prénommant Kayn l’aida à vaincre les brigands en unissant leur chant. Ce chant décuplait leur force physique, leur agilité et leur rapidité.
Après cela, Kayn révéla faire partie d’un mouvement clandestin de rébellion contre le pouvoir despotique en place dans le pays et lui proposa d’aider Lanella, ainsi qu’un ancien prisonnier des brigands ( un jeune larfen du nom d’Iron Bam Noerak, difficilement prononçable ), qui acceptèrent aussitôt.
Kayn les accompagna alors jusque dans la banlieue d’Antaris après lui avoir fait rencontrer d’autres membres de la rébellion, tels que le fourkpel kleptomane Rush Kaldaro, qui aime en secret sa belle et mystérieuse congénère Etryl, la larfen Ryfla et sa tante adoptive et guérisseuse Lissly. Cette herdson tenant aussi l’auberge-taverne « Au Repos du Guerrier » où Latrel et Lanella avaient justement rendez-vous avec Kayn, elle permit aux amis du sherkynn de les héberger un moment gratuitement, le temps qu’elle guérisse Latrel, qui ne s’était toujours pas réveillé après l’affrontement.
Les temps étaient bien sombres à cette époque sur Endertyl. En effet, ce monde est régit par les mystérieux leptys, des sortes de machines conscientes. Ils sont deux sur le continent de nos héros : à Ottaviana et… à Antaris (voir définition d’un leptys dans le chapitre un de la partie 2).
Or celui d’Antaris ne s’activait qu’en cas de menace importante sur Endertyl, ce qui était apparemment le cas, car le leptys avait envoyé un rayon lumineux vers le Seuil, une sorte de passage entre des mondes différents ( et qui était réapparut sur Terre, mais ça, tout le monde l’ignorait alors ).
De plus, l’Empire de l’Ouest du Continent, Kiordj, avait lancé une invasion sur Ottaviana grâce à une muraille noire et maléfique qui incorporait progressivement le pays de Lanella dans l’empire ennemi. La leïkof adolescente avait besoin du soutien militaire des autres pays et était allée à Antaris dans le but d’avoir le soutien de son leptys. Mais si celui-ci était tombé entre de mauvaises mains, une prophétie annonçait que le héros d’Antaris ( un certain Arthur ) reviendrait alors. Nombre d’habitants affirmaient qu’il libèrerait le pays du joug du despote Ortio Deca Fehinek, responsable de la mort du Président des Parlements dix ans auparavant, père de Kayn Kel Filik.
Sur Terre, l’ouragan Clara causa beaucoup moins de dégâts que prévu grâce à la lumière d’Antaris. Elle protégea la Terre pendant toute la durée de l’ouragan ( même à Londres qui fut submergée par une marée démesurée ) sauf là où le courant fur coupé pour la première fois, c’est à dire dans la vallée du Rhône.
Dans cet endroit coupé du monde des télécommunications ( la population locale n’avait pas pu voir la conférence de l’Élysée ), trois adolescents unis comme les doigts de la main s’adonnaient à leur passion commune ( l’accrobranche ) furent frappés de plein fouet par Clara, où ils manquèrent d’y laisser leur peau. Ils s’appelaient Maeva Malvac Mac Arthur, Aya Ajima et Norvan Chauveau-Meyer.
Une fois dans l’œil du cyclone, un gendarme en pyjama possédé par quelque chose d’étrange et de très dangereux tenta d’abattre Norvan d’une balle dans la tête, mais il fut foubroyé par la pierre verte, juste avant qu’il ne soit trop tard. La chose disparut tandis que la pierre verte se rapprochait à toute allure de Norvan. Le jeune homme avait été choisi. Après une spectaculaire explosion lumineuse, Norvan gisait à terre, vivant, et avec une pierre verte en médaillon.
PARTIE 2 : LES LIENS DES REVES
CHAPITRE 1: Avalon
'La théorie des cordes, c’est de la physique du XXIème siècle qui serait accidentellement tombée dans le XXème siècle.'
Edward Witten.
J-XX
Lieu inconnu. Temps inconnu. Deux voyageurs.
Il a d’abord la joie, une joie très profonde qui m’envahit. Et le noir.
Je n’ai pas peur. L’autre non plus.
Nous voyons des gens. Nous voyons dans toutes les directions, nous sentons toutes les odeurs, nous percevons tous les sons, nous ressentons le moindre souffle d’air qui me frôle. Ami, ou Ennemi ? Qu’importe… Cela ne nous intéresse plus.
Nous sommes irrésistiblement attirés vers un endroit caché. Tellement bien caché qu’il nous faut chacun sortir de notre univers et passer entre de toutes petites cordes, suivre celles qui font comme une boucle d’énergie. Passer entre les mailles du filet qui nous retenait en ces mondes.
Ça y est. Nous sommes passés.
Nous n’avons pas peur.
Ce n’est pas l’univers.
Pas le mien. Ni le sien.
Un univers infini contenant d’autres univers infinis. L’univers originel.
Un nom me vient à l’esprit. A l’autre aussi.
Nous ne l’avons jamais entendu auparavant, et pourtant, nous savons que c’est le nom de cet endroit, de ce temps qui contient l’infini des possibles, l’infini des impossibles.
Antaris…
Nous pouvons voir cet univers, même si nous ignorons comment.
Sur un immense fond noir,
Nous voyons des lumières zigzaguer dans toutes les directions possibles et imaginables, disparaître pour mieux réapparaître dans un endroit complètement imprévisible. Elles sont de toutes les couleurs et ces couleurs changent inlassablement.
Une douce mélodie atteint nos oreilles, nous ne saurions la définir, à part dire qu’elle est tout simplement merveilleuse…
Elle nous attire irrésistiblement vers un endroit d’une blancheur pure, très intense, mais qui n’aveugle pas.
J’essaye d’avancer mon bras, mais je ne vois rien. Etrange, pourtant nous savons qu’il est là…
Nous n’avons pas peur.
Nous n’avons plus le temps de voir ce qui nous arrive, nous entrons dans la lumière. Un voile d’Aurores multicolores se déchire.
Un nouveau tunnel.
Nous nous faufilons entre les mailles de ce nouvel univers.
Je n’ai toujours pas peur. L’autre non plus.
'Norvan'.
Les grillons stridulaient inlassablement sous cette délicieuse chaleur.
Je venais de me réveiller. J’ouvris les yeux… et les refermai aussitôt après, à cause du Soleil du matin, qui dardait sur moi ses rayons, à la foi si doux et si cruels.
Mes pupilles s’étaient enfin habitués à cette lumière.
-Le voyage s’est bien passé, mon gars ?
Je rouvris les yeux, me redressai péniblement, puis tendis mon regard là d’où provenait cette voix. Mon épaule ne me faisait plus souffrir.
Le ciel était bleu, pur, vierge de tout nuage. J’étais assis au milieu d’une magnifique prairie fleurie, s’étendant face à moi à perte de vue, en ondoyant lentement au rythme des caresses du vent, et des douces collines qui s’étalaient face à moi.
-Hé ! Ho. Est-ce que ça va ?
La voix venait de derrière mon dos.
Je sursautai.
Je me retournai alors pour voir qui étais-ce qui me parlait.
Je vis enfin à qui j’avais affaire, et j’en restais bouche bée.
Il s’agissait… d’un loup. Mais pas un loup ordinaire.
Dressé sur ses deux pattes arrières, il portait des vêtements qu’aucun animal n’aurait jamais été capable de fabriquer, et dont un détail notable était la possibilité de laisser sa queue libre à l’extérieur. Il arborait une chemise ainsi qu’un simple pantalon en lin. Une fourrure d’un blanc de neige, presque lumineux, apparaissait de-ci de-là quand ses vêtements ne la cachaient pas. Et sa silhouette ressemblait d’avantage à celle d’un humain qu’à celle d’un toutou qui avait décidé de faire le beau…
La créature éclata d’un rire qui lui découvrit des dents moins acérées qu’un loup classique. Je sursautai.
-Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Très drôle ! Mais je suppose que c’était un compliment. N’est-ce pas ?
Sa familiarité me mettait mal à l’aise. Et d’après ses paroles, il semblait pouvoir lire dans les…
-Dans les pensées ? fit le-loup-qui-n’en-était-pas-un. Evidemment. Comme toi d’ailleurs… Mais je ne suis pas un animal. Comment t’appelles-tu ?
Je regardai plus attentivement mon interlocuteur. Malgré son apparence à moitié animale, il semblait avoir une vingtaine d’années seulement. Mais ses yeux disaient, eux, en avoir vu bien d’avantage, et étaient emplis d’une sagesse grande comme son cœur. Enorme.
Plongé dans son regard infini, j’oubliai que je n’étais pas capable de parler. Même si sa question était purement formelle.
- Norvan Chauveau-Meyer, répondit une voix aux inflexions de baryton qui me surprit. Terrien. Eurasien. Franco-allemand. Humain.
-Et moi, c’est Arthur Awalon Fyk, répliqua ce dernier dans un grand sourire satisfait. Terrien de naissance et Endertylian par la force des choses. Antarissois. Peuple Ghenak. Larfen. Ancien roi de l’Etat d’Antaris. Je suis heureux que tu puisses enfin parler. Nous avons tant de choses à nous dire.
-Où sommes-nous ?
Nouveau sourire, le larfen m’aida à me relever. Sa main, patte… Ou je ne savais trop quoi, produisait en moi une sensation étrange, comme si un courant d’énergie circulait entre nous. Sa main portait le même signe étrange que sur la mienne, que je venais juste de remarquer.
-Nous sommes à Avalon, dit-il. Un endroit légendaire, hors du temps, où je séjourne très souvent. A partir d’ici, on peut savoir ce qui se passe sur bon nombre d’univers, dont le tien… et le mien.
Pourquoi cette hésitation ? Me cachait-t-il quelque chose ? Ou allait-t-il justement me le révéler ?
-Suis-moi, me demanda-t-il. Je dois te présenter quelqu’un.
Il désigna alors derrière lui une grande forêt, où quelques passereaux lançaient des trilles joyeux.
Nous nous y engagions tranquillement, serpentants à travers bois par des sentiers discrets, mais bien entretenus. Je ne savais combien de temps cela faisait que l’on marchait. Mais de toute façon, Arthur avait dit que le temps n’avait pas cours à Avalon, même s’il y avait une alternance jour / nuit.
Puis il parla. Il ne souria pas. Je compris que des choses de la plus grande importance allaient être dites. Des choses vitales. Une histoire.
-Il y a environ 65 millions d’années, des êtres très intelligents vivaient sur la Terre. Ils faisaient partie du groupe que vous appelez « dinosaures ». Des centaines de millions d’années d’évolution ‘améliorée’ ont permis à certaines espèces de développer une grande intelligence, mais surtout, une véritable conscience.
Etonné, j’oubliai de regarder où je posais les pieds, et je buttais sur une racine. Arthur me rattrapa avant que j’aie le temps de tomber sur un sol de feuilles mortes, d’herbes, de terre, et sur quelques pierres bien saillantes.
-Une conscience ? demandai-je, plus surpris que je veuille le paraître.
-En effet, dit Arthur. Ils avaient découvert l’usage du feu bien avant vous, et ils développèrent ainsi une technologie très avancée. Ce sont les premiers de cette planète à avoir compris qu’il existait d’autres mondes parallèles au leur. Après plusieurs siècles de mise en échec par les obstacles de la physique de leur univers, ils ont enfin réussi à ouvrir une brèche vers l’univers originel. L’appareil qu’ils utilisèrent fut appelé le Seuil.
« Mais ils n’avaient pas protégé l’entrée, et le Fléau, un terrible ennemi, commença à pénétrer dans cet univers, le rongeant de la façon la plus pernicieuse qui soit : en “volant” une grande partie des êtres vivants. Heureusement pour ton monde, il s’aperçurent grâce à une aide inespérée du danger qui les menaçait. Ils réussirent à fermer le passage et à le protéger lors de ses réouvertures pour éviter de mener ce monde à sa perte.
-Ils ont donc réussi à le vaincre ?
- Hélas, pas complètement. L’œuvre de destruction du Fléau était déjà bien avancée. Le climat changea, devint de plus en plus chaud. Le niveau des océans s’éleva, la végétation luttait pour survivre ainsi que les animaux. Les trapps du Deccan en Inde commencèrent alors à déverser des millions de mètres cubes de lave en fusion, libérant d’incroyables quantités de soufre dans l’atmosphère, rendant d’abord le monde de nouveau supportable, puis glacial. La compétition se faisait rude, les dinosaures étaient en déclin. Quand leurs scientifiques s’aperçurent qu’une énorme météorite se dirigeait vers la Terre, ils commencèrent à se préparer à migrer.
-Et pour aller où ? demandais-je. Avec la météorite, ils n’étaient en sécurité nulle part sur Terre.
-En fait, répondit-il, certains construisirent des vaisseaux spatiaux qui pouvaient dépasser la vitesse de la lumière, et s’en allèrent dans le cosmos. D’autres utilisèrent le Seuil pour émigrer sur d’autres mondes. Enfin, une minorité se cacha quelque part sous terre pour se protéger des conséquences de cette météorite.
-Et que sont-ils devenus ?
-Je l’ignore. Quelques années plus tard, la météorite se fractionna en deux parties de taille équivalentes. La première s’écrasa dans un lieu aujourd’hui oublié, tandis que la deuxième patienta encore quelques milliers d’années avant de s’abattre sur le Yucatan, près de Chixculub. Tu connais la suite.
Il tut quelques instants, avant de conclure. Sans doute pour rendre une sorte d’hommage à ces pionniers des temps anciens.
-C’est ainsi que furent créés les premiers Seuils, qu’une civilisation entière disparut, et que le Fléau apparut dans ce monde. Sauf qu’il ne menace pas seulement la Terre, mais aussi les autres mondes reliés à celle-ci. Les émigrants avaient réussit à concentrer une partie du Fléau en espérant trouver un moyen de le détruire, mais il a fini par s’échapper dans bon nombre de ces univers. Il est maintenant temps de l’arrêter pour de bon. Et nous avons pour cela besoin de l’aide d’une caste d’êtres spéciaux dotés du Don. Dans la langue d’Endertyl, nous les appelons « Durnakans ».
Il se tourna alors vers moi et pointa un doigt sur mon torse.
-Et en acceptant cette Pierre, tu en fais maintenant partie.
Je m’aperçus alors que je portais un médaillon autour du cou. Il s’approcha de moi et le toucha délicatement. La pierre verte se mit alors à scintiller doucement et Arthur retira sa main aussi sec, comme s’il s’était reçu une décharge électrique.
Des mots, des expressions que je ne connaissais pas se bousculèrent alors dans ma tête, provoquant alors une incroyable douleur, et je dus faire un effort considérable pour ne pas me cogner le crâne sur le premier tronc venu.
-Du calme, me dit-il. Ça va passer. Ça arrive toujours la première fois.
En effet, quelques instants plus tard, je n’avais plus l’impression d’avoir le cerveau qui bout, et je sentais un savoir neuf couler dans mes veines.
Une nouvelle langue, ou plutôt une langue que je ne connaissais pas.
Ce n’était pas l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol, du chinois, ou quelque autre langue vivante connue sur Terre. Dommage, j’aurais bien aimé remonter ma moyenne en cours de langues, dans mon lycée. Cela ne m’aurait sans doute fait aucun mal, mais bon…
-Tu en auras besoin bien plus tôt que tu ne le penses, dit Arthur, qui lisait toujours dans mes pensées.
J’osais alors poser alors la question qui m’obsédait, mais dont Arthur refusait d’y répondre. De toute évidence, il fallait que je la formule à haute voix pour qu’il se sente obligé de répondre.
-Pourquoi ?
-Parce que c’est ce qui doit être, répondit-il. Les Mondes ne seront sauvés que si vous restez unis. Tu n’as pas l’air de comprendre que ton univers est toujours menacé. Est-ce que je dois te rappeler que tu serais mort si ta Pierre n’était pas arrivée à temps ?
Je songeai alors à la balle du Sig Sauer stoppée net à quelques centimètres de ma tête. La terreur pure que m’inspirait ce qui avait pris possession de ce gendarme…
Je frissonnai.
-D’accord, cédais-je. Mais comment faire ? Je ne suis qu’un simple jeune homme de dix-sept ans. Pas 'Superman' !
-'Superqui' ?
-Laisse tomber…
Le larfen s’esclaffa. Le tutoiement était venu naturellement.
-Mais non, je me fiche de toi. Voyons voir… Superman. Personnage de bande dessinée créé en 1938 aux Etats-Unis par le scénariste Jerry Siegel et le dessinateur Joe Shuster dans Action Comics. Super-héros venu d’une autre planète, il prend l’identité d’un modeste journaliste quand il ne combat pas les criminels. Il a aussi inspiré de nombreux films d’aventures ainsi qu’une série télévisée très connue racontant sa jeunesse.
Mais il sentait bien qu’il ne serait pas arrivé à détourner la discussion.
-Je ne t’ai pas demandé une conférence sur Superman, répondis-je, légèrement pincé. Et je n’ai pas envie d’écouter celle sur 'Smallville'. Compris ?
-Compris.
-Alors réponds à ma question.
Il m’adressa un regard désolé.
-Je suis vraiment navré, mais je n’en ai pas le droit. Le Grand leptys ne veux pas que je te révèle tout, tout de suite. Ce serait un trop grand choc pour toi. Tu devras trouver ces réponses par toi-même.
J’étais déçu. Très déçu. Mais j’avais compris qu’il était inutile d’insister.
Le reste du trajet se déroula sans qu’aucune autre parole ne soit prononcée.
Enfin, le chemin s’élargit pour finalement se transformer en une véritable clairière.
Nous nous dirigions alors vers un petit ruisseau qui serpentait paresseusement entre un amas de rochers de tailles inégales. Quelques saules et pommiers en fleur poussaient ça et là, donnant une petite touche idyllique au lieu.
L’un de ces rochers était grand et plat et était haut d’environ deux mètres.
Il était facile à escalader. Nous atteignâmes le sommet en peu de temps.
Soudain, je me figeai.
Une étrange créature était allongée en face de moi. Je n’arrivais pas à trouver les mots pour la décrire.
Humaine ? Non, mais elle était assurément de sexe féminin.
Loutre ? Encore moins.
Loutre humanoïde ? Ça sonne mal.
'Ghenak' ? Ce mot résonne étrangement dans ma tête.
Inquiet, je me tournai vers Arthur, mais il me fit clairement comprendre que c’était à moi de la réveiller.
Je pris mon courage à deux mains et m’agenouilla à côté d’elle.
Je lui pris une de ses mains palmées dans les miennes. Elle tressaillit.
Un quart de seconde plus tard, elle ouvrit alors ses magnifiques yeux bleus…et dégaina d’un mouvement vif une épée accrochée à sa ceinture, pour m’ouvrir la gorge.
Lanella
Certes, je connaissais déjà cet endroit ; j’y étais déjà venu auparavant.
Mais lorsque j’ai senti qu’on me prenait la main, je dois avouer que j’ai été quelque peu surprise. Bon d’accord ; très surprise.
Si surprise, que je me suis relevée d’un bon, ai vivement dégainé ma lame, et que j’ai bien failli décapiter l’étrange créature qui s’était penché sur moi. Ce qui aurait été hautement dommageable, vu la suite des évènements.
Seul un réflexe prodigieux de sa part lui évita de se faire trancher la gorge.
J’ai alors réalisé qu’il était désarmé, et qu’il avait seulement essayé de me réveiller, en douceur qui plus est..
Pour ça, c’était raté. Je déteste qu’on me touche quand je dors.
Je suis formée pour réagir au quart de tour, et ce pour éviter les mauvaises surprises lors de mes voyages sur la Grande Route.
Et j’ai bien failli tuer un innocent. Etrange, certes, mais innocent tout de même.
Troublée, je dévisageais l’être qui se trouvait en face de moi, tremblant comme une feuille.
Des souvenirs des contes illustrés que Latrel me lisait quand j’étais petite et de certains vieux grimoires poussiéreux me revinrent d’un bloc en mémoire. Selon toute vraisemblance, c’était un humain.
Donc, je devais être en train de rêver.
Les humains n’existent que dans les contes et dans les livres -en général-, c’est bien connu. Et ils ne sont sûrement pas vêtus de cette façon. C’est ridicule ! Enfin, mis à part Phœna, et encore - elle n’était pas vraiment humaine et portait certainement pas de vêtements pareils.
Par prudence, je me pinçais.
Aïeuh !
Non, je ne rêvais pas.
Il fallait se rendre à l’évidence.
C’est alors que l’humain se mis à parler.
Enfin, il hurlait plutôt qu’il parlait.
Il m’envoyait sa frustration, sa colère et sa surprise en plein visage. Sa peur aussi.
-'Non mais ça va pas la tête ?' vociféra-t-il dans une langue incompréhensible. 'Tu aurais pu me tuer !'
Je remarquai alors son médaillon et le signe sur sa main.
Oups, et en plus c’était un Durnakan. Bravo Lanella.
On avait vraiment frôlé la catastrophe. De très peu.
Tandis qu’il continuait sa diatribe furieuse, ma Pierre se mit à luire doucement.
Petit à petit, je compris ce qu’il disait, et je commençais à le regretter. En plus du ce savoir tout neuf qui se faisait une bonne place dans ma tête, l’humain m’apprenait de nouvelles expressions insultantes, ainsi que des comparaisons pour les moins… originales. En bref, il était d’une grande créativité.
Là, j’étais estomaquée. Personne ne m’avait jamais insulté de la sorte, mais je savais que c’était parfaitement justifié.
Mais tout de même, au bout d’un moment, ça commençait un peu à me soûler.
Parler était inutile, puisqu’il rugissait encore plus fort que les Grandes Chutes d’Ottaviana.
Et avec un geste symbolique ? Voyons voir…
Je rengainai mon épée, puis je m’approchais lentement de lui, pour ne pas lui faire peur. Il se tut.
Je posai ma main sur son épaule, et le regardai droit dans les yeux.
-'Ji este trina hojerla' / je suis vraiment désolée, dis-je. 'Ji niet ksaye ke lo myr trihe' / Je ne sais pas ce qui m’a pris.
Je voulais voir s’il savait parler l’endertylian. Au cas où.
Apparemment oui, puisqu’il opina lentement du chef pour me faire signifier qu’il avait compris. Il se détendit, et nous pouvions alors enfin discuter.
Je lui narrai alors mon enfance, comme si nous étions amis depuis toujours. Je lui parlai d’Ottaviana, l’Empire du grand fleuve Otta. Mes années de prime jeunesse. Ma formation avec Latrel, la manque d’amour maternel, dû à la disparition brutale de ma mère aux confins du désert Abarit. La grande amitié qui me liait ma sœur et moi, mais sans approfondir. L’arrivée des Temps Sombres, et quelques contes, mythes et légendes d’Endertyl.
J’aurais pu continuer pendant encore bien longtemps, mais je sentais qu’il avait lui aussi des choses à dire. Et je ne tenais pas trop à me dévoiler. Question de pudeur.
Norvan, quant à lui, me décrivit son monde par le menu, les différents pays issus à la suite des grandes guerres mondiales, la Guerre Froide, l’Union Européenne, la FEA, le bouleversement climatique, et pour finir, Clara et une présentation rapide de ce qui lui était arrivé avant de se réveiller ici.
Lui aussi aurait pu continuer pendant bien longtemps, mais il ne voulait pas en dire plus sur lui, comme s’il avait remboursé une dette de parole qu’il avait contracté quand je lui parlais d’Endertyl et de moi.
Quand nous vîmes dans le ciel que midi était passé, un bruit de course attira notre attention. Nous apercevâmes un petit animal blanc qui fonçait vers nous.
Oh. Il n’avait pas l’air bien méchant, et il était même mignon, mais les kritians étaient considérés chez moi comme des animaux très rares, quasiment légendaires. Ils étaient très méconnus.
Je n’eus pas le temps de réagir. Il passa par-dessus nos têtes dans un bond majestueux pour finalement atterrir dans les bras d’une vielle connaissance de mes rêves.
Furieuse, je me relevais et me retrouvai face à ce grand larfen blanc qui caressait affectueusement l’animal lové dans ses bras.
-J’espère que tu as une très bonne explication, 'Arthur Awalon Fyk', dis-je d’une voix emplie de colère contenue.
Il se contenta de hausser les épaules.
-Je n’avais pas envie. C’est tout. Et arrête de t’énerver ainsi ; c’est très mauvais pour ton cœur.
-C’est pas une raison ! explosais-je. Tu n’avais pas à me cacher ton identité !
Il arrêta de caresser son animal et me regarda droit dans les yeux.
-Et pourquoi, s’il te plaît ?
-La confiance réciproque. Tu connais le concept ?
-Bien sûr, me répondit-il du tac o tac. C’est moi qui l’ai introduit sur Endertyl.
Là, j’étais bouche bée.
-Mais depuis que je me suis réfugié à Avalon, reprit-il, je me suis mis sous l’autorité d’êtres et de choses qui m’ont clairement interdit de te dire directement qui j’étais. Norvan s’en est inconsciemment chargé à ma place. Autre chose ?
-Euh…Non.
-Très bien, dit-il, satisfait. Parce que j’ai encore pas mal de chose à faire avant votre départ.
Sur ce, il pris son kritian et lui fit cracher une pierre lumineuse de couleur mauve ou violette. Il l’examina en scrutant les imperfections à travers la lumière du soleil. Ensuite, il la replaça délicatement dans la gueule de l’animal puis plongea son regard dans le sien. Je réussis même à « entendre » leur communication mentale. Mais alors, les kritians n’étaient-ils que de simples animaux ?
-' Tu sais ce que tu dois faire Myuk ? N’est-ce pas ? '
-' Evidemment ', répondit l’intéressé. ' Je dois transmettre la Pierre à Dole pour qu’il l’apporte à Azorin. Même un nouveau-né serait capable de le faire. '
-' Alors, à bientôt. Mon ami. Evite juste, à l’avenir, de mordre les gens. Ca ne risque pas d’améliorer ton image. '
Super câlin entre Arthur et Myuk.
Les deux amis se séparèrent enfin. Myuk sauta alors des bras du larfen et s’enfonça à toute vitesse vers la forêt.
-' J’essaierais ', répondit le kritian juste avant de disparaître.
Arthur poussa un faux soupir désespéré. Ces deux là devaient s’aimer énormément.
Je me tournai alors vers Norvan et je remarquai qu’il avait les yeux brillants. Il détourna la tête quand il s’aperçut que je le dévisageais.
Arthur se tourna alors vers nous.
-Il va falloir nous quitter dans quelque temps. Mais avant…
Il me tendit une épée simple, mais parfaitement travaillée, avant d’en dégainer une pareille sortie de je-ne-sais-où. Je déposai la mienne près de la rivière.
L’humain, prudent, se plaça à bonne distance.
Je suis Lanella Nihl Terek, princesse guerrière d’Ottaviana, sœur cadette de la princesse héritière du trône de l’Empire, et donc fille de l’Empereur, formée aux arts guerriers depuis ma tendre enfance par le grand bretteur Latrel Trahn Mek. Je ne suis pas une novice !
Alors pourquoi ai-je l’impression d’être une simple gamine inexpérimentée devant ce larfen ? A cause de sa sagesse ? De son âge véritable ?
Peut-être un peu des deux … ou rien de tout cela !
Quoi qu’il en soit, j’avais l’impression d’être mal barrée, comme toujours quand je combattais avec lui. En rêves, certes, mais des rêves qui m’ont permis d’acquérir de l’expérience, même si je ne m’en souvenais pas toujours.
-à partir d’aujourd’hui, je ne te ferais plus de cadeaux, m’assura Arthur. J’éviterais seulement de te blesser ou de te tuer. Compris ?
Avalant difficilement ma salive, je hochais la tête.
Confirmation. Je n’étais pas mal barrée ; j’étais très mal barrée.
D’habitude, il était légèrement meilleur que moi, pour me permettre de progresser, mais il semblait que ma progression dans ma formation était trop lente.
Nos lames étincelèrent sous le soleil de l’après-midi - pourquoi est-ce que je n’avais toujours pas faim ? Mystère… - se touchèrent une première fois dans un tintement clair, comme pour mesurer leur résistance, puis la séance d’entraînement commença.
Autant dire tout de suite - ou écrire, qu’importe – que je me suis prise quelques belles « raclées ». Mis à part deux ou trois coups habiles - qui étaient aussi des coups de chances, selon moi – j’étais constamment sur la défensive, au début. Dès la première botte d’Arthur, mon épée s’envolait régulièrement pour se planter quelques mètres de là, et je me retrouvais avec le fil ou la pointe de la lame du larfen blanc qui me chatouillait la gorge ou le cœur.
Mais petit à petit, je parais de plus en plus de coup, et mon adversaire mettait de plus en plus de temps avant de me battre. Une goutte d’eau dans un océan de défaites.
L’humain, de son côté, dévorait nos combats des yeux. On voyait bien qu’il apprenait très rapidement une foule de choses, un peu comme du papier buvard entièrement desséché aspirant de l’encre à toute vitesse.
Finalement, le larfen fit disparaître les épées d’un simple claquement de doigts. Je m’empressai alors de récupérer la mienne.
-Elle est dans un endroit sûr, me dit-il pour répondre à ma question muette sur le devenir de l’épée que j’avais utilisée pour l’entraînement.
Puis il nous fit venir vers lui pour nous dire au revoir.
-Ne soyez pas triste de vous séparer, vous vous reverrez très bientôt, mais attendez-vous à des surprises. Servez-vous de ce que vous avez appris lors de cette visite, et efforcez-vous d’aider vos amis. Ils en auront bien besoin.
-Nous ne te reverrons plus jamais ? Demanda Norvan, extrêmement déçu.
-Bien sûr que si, répondit le larfen. Vos rêves seront très instructifs dans les prochains jours. A bientôt…
Quelques embrassades rapides, puis nous nous séparâmes.
Norvan et moi commencèrent à disparaître d’Avalon. Nous repartions vers nos mondes respectifs.
Il rentrai sur Terre, moi sur Endertyl.
Juste avant de me désintégrer entièrement, je lui murmurai une pensée.
' A bientôt, humain '.
Il n’eut pas le temps de me répondre ; il s’était dissout de cet univers avant moi.
Alors, à bientôt… Norvan.
--__--__--__--__--__--__--__--__--__--__--__
Répondre